la vigne véritable

Homélie du dimanche 07 février 2016

Quand il finit de parler, Jésus dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche ». Simon lui répondit: « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets».

Chers bien-aimés dans le Seigneur, ces deux versets résument le réalisme de la vie chrétienne. La vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des moments d’épreuves et de joie, il y a la croix et la résurrection : nous faisons parfois des expériences douloureuses, nous vivons parfois vécu des difficultés, des échecs. Tout cela fortifie notre foi, notre cheminement spirituel et nous permet de passer de la fragilité à la maturation de la foi.

Pierre a pêché toute la nuit sans rien prendre. Autrement dit, il a passé toute la nuit à travailler, sans avoir un résultat concret. Il a dépensé toutes ses énergies sans résultat. Le pêcheur professionnel, malgré son savoir faire, vit une situation difficile : c’est l’échec : il  n’a pas pu prendre des poissons. C’est décourageant.

Derrière l’échec de Pierre se profilent nos propres échecs. Par exemple, le cordonnier qui a passé toute la journée dans son atelier sans la visite d’un seul  client. L’opticien qui passe des jours sans vendre une seule paire de lunettes. Et nous pouvons prolonger la liste. De gauche à droite nous entendons : pour certains, les soldes ont été mauvaises; les commerçants n’ont pas pu écouler tous leurs produits. La crise économique a une incidence sur leur chiffre d’affaire. Partout s’installe le découragement.

Pierre, au cœur de ce découragement, abandonne. Il range déjà ses filets. Mais le Seigneur lui vient en aide, en ce moment-là, et lui demande : « Avance au large » ou encore  « avance vers la profondeur ».

La réponse de Jésus déstabilise Pierre, le pêcheur de poissons. Il est sans doute choqué par la demande de Jésus : comment Jésus, qui n’est pas pêcheur, peut apprendre à un pêcheur professionnel à pêcher ? Pierre ne comprend pas. Sa réponse est toute humaine : « Maître, nous avons pêché toute la nuit sans rien prendre ». Autrement dit, Pierre entend souligner : « Jésus ne perd pas ton temps, il n’y a pas de poissons, nous avons pêché toute la nuit sans rien prendre ».

Pour un pêcheur professionnel, la pêche de nuit est plus rentable que celle du jour. Pierre maîtrise son travail, mais malgré cette maîtrise, il n’a rien pris.

Jésus, par sa demande « avance au large », invite Pierre à s’ouvrir à l’appel de Dieu. Jésus vient justement au moment où Pierre était fragile, vulnérable. Jésus ne lui demande rien d’autre que l’invitation à aller au large : Accueille l’appel du Seigneur, écoute Celui qui te parle, fais ce qu’il te demande. Jésus parle, Pierre donne une réponse négative : Il expose à Jésus son état d’âme, son impuissance devant cette pêche non fructueuse. Toutefois, il pose un acte de foi encore fragile : « Mais sur ta parole, je vais jeter le filet ».  Pierre s’en remet à Jésus. Il ose croire à ce que Jésus lui dit.

L’expérience de Pierre fait appel à nos propres expériences. Pierre s’ouvre au Seigneur ; il se laisse convaincre malgré son hésitation. Nous aussi, nous hésitons très souvent. Notre vie quotidienne est  déjà chargée de plusieurs réalités : par exemple, la musique, l’iPhone ou le smartphone aux oreilles pour écouter de la musique. Faire silence dans notre cœur devient une réalité difficile, voire impossible. Le silence nous fait peur.

Pour écouter le Seigneur, il nous faut faire silence en nous. De la manière, qu’il a parlé à Pierre, Jésus nous parle encore aujourd’hui. Souvent, c’est nous qui n’écoutons pas.  Si nous écoutons le Seigneur, nous porterons beaucoup de fruits dans tout ce que nous entreprenons. La preuve, Pierre, en jetant le filet, a pris une quantité de poissons, pourtant il disait à Jésus qu’il a peiné toute la nuit sans rien prendre.

Ce passage que nous avons écouté, parle de la vocation de Pierre. Jésus appelle Pierre à le suivre. L’appel de Dieu ne bouleverse pas notre vie, mais au contraire il la promeut. Quand Dieu appelle quelqu’un, lui-même met tout en œuvre, il prépare la personne à pouvoir accomplir la mission qu’il va lui confier. Dans la forme, la vie de Pierre ne change pas pour autant, mais dans le fond, sa vie change : de pêcheur de poissons, il devient pêcheur d’homme s’il répond à l’appel de Jésus.

Oui Pierre répond à l’appel de Jésus, laissant tout, il suivit Jésus.

 Isaïe, dans la première lecture, répond aussi à l’appel de Dieu. Ce passage que nous avons écouté parle de la vocation du prophète. Le Seigneur purifie les lèvres d’Isaïe avant de lui confier sa mission.

Ceci nous rappelle que l’homme, livré à lui-même ne peut rien faire sans la grâce de Dieu.

C’est justement ce qu’annonce saint Paul, dans la deuxième lecture. Il insiste plusieurs fois sur le mot grâce : « Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi ».

Saint Paul fait l’expérience de ses faiblesses, tout comme Pierre l’expérience de son échec. Saint Paul se rend compte que sans Dieu il ne peut rien faire. Voilà pourquoi, il nous rappelle en ce jour, que nous devons faire confiance à la grâce de Dieu qui rend fécond l’effort que nous déployons chaque jour.

Saint Paul va encore plus loin. Dans la deuxième lettre qu’il adresse aux Corinthiens, il leur partage comment il a fait l’expérience de ses forces et de ses faiblesses : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ».

Et nous, aujourd’hui, laisserons-nous notre préoccupation, pour nous mettre à la suite du Christ ? Renoncerons-nous à nos avantages pour nous mettre à la suite du Christ ? Accepterons-nous de tout perdre pour suivre le Christ, comme Pierre et les autres, qui laissent tout et le suivent ? Voilà une série de questions que le Seigneur nous pose aujourd’hui. 

Et toi, que ferais-tu ? (feras-tu) Et vous que feriez-(ferez) vous ? Pierre a suivi le Seigneur, Isaïe et Paul de même. Et toi, que feras-tu ?

Demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de nous aider à pouvoir répondre à l’appel qu’Il nous adresse en ce 5e dimanche du Temps Ordinaire. Amen !

f.r.t.

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Homélie du dimanche 31 janvier 2016

« Peuple de lumière, baptisé pour témoigner, peuple d’Evangile, appelé pour annoncer les merveilles de Dieu pour tous les vivants ». écrivait Charles Singer.

Ce refrain résume en quelques mots les deux lectures, le psaume et l’Evangile de ce 4e dimanche du Temps ordinaire. Ce refrain rappelle que nous sommes ce peuple de lumière, baptisé, non pas pour nous endormir, mais pour témoigner de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière.    

Chers bien-aimés dans le Seigneur, par notre baptême, nous sommes consacrés, c’est-à-dire mis à part pour nous mettre à la suite de Jésus Christ. Nous mettre à sa suite comme témoin de ce que nous avons reçu le jour de notre baptême. 

Qu’avons-nous reçu le jour de notre Baptême ?,

Nous avons reçu trois dons de la part du Seigneur. Il s’agit de la foi, de l’espérance et de la charité. Nous sommes donc appelés à témoigner de ces trois dons.

Aujourd’hui nous avons peur de témoigner de ces trois dons, nous avons peur de témoigner notre foi, aujourd’hui, nous nous disons être chrétiens, mais par peur de nous afficher, nous nous cachons, nous portons des masques, nous nous déguisons pour ne pas nous faire remarquer.

C’est justement le message qui résulte de la première lecture, tirée du livre de Jérémie. Le Seigneur rappelle à Jérémie qu’il l’a consacré, c’est-à-dire mis à part. Il fait de Jérémie un prophète pour les nations. Il lui rappelle : « Mets ta ceinture autour des reins et lève-toi, tu diras contre eux tout ce que je t’ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon c’est moi qui te ferai trembler devant eux ».

Le prophète Jérémie est appelé à témoigner des ordonnances du Seigneur. Il est appelé à témoigner, non pas de lui, mais mener à bien la mission qui lui est confiée par le Seigneur.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, pourquoi avons-nous peur de témoigner notre foi autour de nous ?

Florennoises et Florennois, vous souvenez-vous encore de votre baptême ? Où sont les trois dons que vous avez reçus, de la part du Seigneur, le jour de votre baptême ?

Où avez-vous enfouis ou caché ces dons ? N’ayez pas peur de témoigner votre foi ! N’ayez pas peur de vivre de ce que vous témoignez ! C’est là, la véritable évangélisation.

Florennoises et Florennois, le manque de foi, l’oubli de votre foi peut parfois vous entrainer dans un laxisme spirituel.

Le Seigneur rappelle à Jérémie de ne pas avoir peur. Il lui rappelle qu’Il le protège: « Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer ».

La même parole que le Seigneur adresse à Jérémie, nous est adressée aujourd’hui.  

Florennoises et Florennois, de quoi avez-vous peur ? Celui qui reste dans la peur n’a pas atteint la perfection de l’Amour, nous rappelle saint Jean. (1Jn 4, 18)

Témoigner de notre foi autour de nous, c’est témoigner de l’amour et de l’espérance qui nous habitent et que nous avons reçus, le jour de notre baptême.

Nous disons parfois que nos églises sont vides, parfois nous accusons les autres sans nous auto-accuser.  

C’est facile d’accuser les autres, mais difficile de s’accuser soi-même. Si nous voulons que nos églises soient de nouveau remplies de fidèles vivant et témoignant de leur foi, nous sommes appelés à être témoins de l’amour, enraciné dans la foi et ouvert à l’espérance.

Par exemple, aussitôt sortis de la messe, au lieu de témoigner de ce que nous avons reçu durant la messe, nous nous mettons à critiquer les autres, sans jamais nous critiquer nous-mêmes.

Saint Paul, dans la seconde lecture, tirée de la première lettre aux Corinthiens, peut justement nous aider.  Il fait l’éloge de l’Amour. A ce propos, il fait la liste de ce que l’amour peut faire et ne doit pas faire. Ce que l’amour peut faire et ne doit pas faire constitue un ensemble de vertus que nous sommes appelés à vivre et à témoigner dans notre vie quotidienne, surtout avec beaucoup d’humilité.

 

Si nous comptons ce que l’amour peut faire et ce qu’il ne doit pas faire, nous avons au total 15 vertus sur l’amour. Chacun et chacune est appelé à faire son examen de conscience à partir de ces 15 vertus. C’est éclairant, cela nous permet de revoir notre manière de témoigner par le langage et par notre manière d’être envers les autres.

La Parole de Dieu doit prendre chair en nous, sinon notre témoignage est vide et ne peut toucher personne.

Nous ne pouvons pas, en tant que chrétiens, rester indifférents à la Parole de Dieu. La Parole de Dieu est là pour nous ajuster et nous amener à désirer et à faire le bien. 

« Peuple de lumière, baptisé pour témoigner ».

 Nous ne pouvons pas cacher notre foi, ni les merveilles que le Seigneur fait ou a fait pour nous. Vouloir cacher les merveilles que le Seigneur fait pour nous,  c’est choisir de ne pas être reconnaissant à l’égard de Dieu ; c’est choisir ne pas témoigner de la Providence de Dieu à nos frères et sœurs dans la foi.

« Peuple d’Evangile, appelé pour annoncer les merveilles de Dieu pour tous les vivants »

La deuxième partie de ce refrain résume l’Evangile de ce jour. Cet Evangile est justement la suite de l’Evangile du dimanche passé.

Ici, Jésus Christ annonce les merveilles de Dieu pour tous les vivants, y compris les étrangers. Il annonce les merveilles de Dieu dans sa ville natale, mais comme souvent, dans une assemblée, il y a :

Ceux et celles qui croient, ceux et celles qui sont moins croyants, ceux et celles qui doutent de tout, et ceux et celles qui sont là, par curiosité ou ceux et celles qui sont là pour occuper leur temps.

Parmi ceux-là, certains se sentent titillés par l’annonce-programme de Jésus : Ils ne se sentent ni pauvres, ni prisonniers, ni opprimés, ni aveugles. Ils n’ont sans doute pas besoin de l’année favorable accordée par le Seigneur.

De plus, ils se sentent saturés, énervés du fait que Dieu fasse miséricorde aux étrangers.

C’est justement ici qu’ils se sentent vraiment titillés. Jésus Christ, connaissant leurs manières de penser, les renvoie à leur profession de foi. Tout comme nous, le Juif aussi récite sa profession de foi qui se trouve en Dt 26, 5-11

Pour eux, Jésus ne peut pas leur rappeler cela, il est le fils de Joseph qu’ils connaissent. Ce gamin qu’ils ont vu grandir sous leurs yeux. Ils croient Le connaître, mais ils ne le connaissent pas. L’identité de Jésus Christ leur échappe. Ils ont beau cherché à le pousser du haut  de la colline vers le bas, Jésus Christ leur échappe encore : « Lui passant au milieu d’eux allait son chemin ».

Qui peut mettre la main sur Dieu ? Personne ! Dieu, par contre s’est donné sur la Croix pour le Salut du monde. Les soldats, les ennemis de Dieu ont cru mettre la main sur Lui, mais Il leur a encore échappé ; la preuve, Il est ressuscité !

Nous aurons tendance à fustiger ceux qui ont voulu pousser Jésus de la colline vers le bas.

Soyons prudents dans nos jugements !

Nous ressemblons bien à ceux-là. Eux, ils ont poussés Jésus par leurs mains, et nous, nous le faisons souvent par notre langue. Ou bien encore par des expressions : « on a toujours fait comme cela ».  Par cela, nous devenons des obstacles à la croissance de notre communauté. Nous empêchons l’Esprit Saint d’opérer un renouveauspirituel et de redynamiser la ferveur spirituelle communautaire.

Revêtons-nous du manteau de l’humilité et demandons au Seigneur de faire pleuvoir sa grâce sur nous : la grâce d’une vie chrétienne authentique, de laquelle résultent la Foi, l’Espérance, l’Amour, la Paix, la Joie. Alors, sans évangéliser, nos églises seront pleines, parce que nos frères et sœurs dans la foi et dans l’humanité seront touchés par notre témoignage. Là, nous serons vraiment ce peuple de lumière. Amen !

f.r.t.

 

 

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Homélie pour le Baptême du Seigneur - dimanche 10 janvier 2016

Chers bien-aimés dans le Seigneur ! En jour où l’Eglise fête le Baptême de Jésus Christ,  le Père se manifeste etpar là, Il rend témoignage à son Fils qui fut annoncé par les prophètes et les Ecritures. Dans les lectures de ce jour et dans l’Evangile, Dieu se manifeste de trois manières.

  1. Première manifestation de Dieu : le choix du prophète Isaïe

         Dans la première lecture, tirée du prophète Isaïe, Dieu se manifeste en choisissant Isaïe pour faire de lui son prophète, c’est-à-dire son messager auprès de son peuple. Dans ce passage que nous avons entendu, Dieu s’empare du prophète et lui demande d’annoncer un message de consolation  à son peuple: « Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes ».

De quel crime s’agit-il ?

Il s’agit de son infidélité à l’égard de Dieu. Le peuple de Dieu n’a pas été fidèle à l’Alliance. Il s’est détourné de Dieu et s’est tourné vers de faux dieux. Il a délaissé son Dieu pour s’attacher à d’autres dieux, autre que Celui qui l’a fait sortir de l’oppression en Egypte, et en Babylone.

Dieu est miséricordieux, Il lui pardonne, cette infidélité ; Il épanche son Cœur sur les misères de son peuple. Pourtant le peuple a oublié les merveilles, les traces de Dieu en son sein.

Derrière l’infidélité de ce peuple, le Seigneur nous rappelle aussi notre propre infidélité envers Lui. Le Baptême du Seigneur nous rappelle notre propre baptême. Par le baptême, le Seigneur nous a aussi libérés de l’esclavage du péché originel, par sa mort et sa résurrection, il nous a acquis le salut. Et pourtant, nous continuons à l’offenser de plusieurs manières. Cette lecture s’adresse à nous aujourd’hui. En se manifestant à nous, par le biais du prophète Isaïe, le Seigneur nous invite à débarrasser notre cœur, de tout ce qui nous éloigne de Lui.

Qu’est-ce qui nous éloigne de Dieu ?  

Justement, le péché nous éloigne de Dieu. Aujourd’hui, nous avons oublié notre baptême, nous avons rangé les vertus théologales (la foi, l’espérance et la charité) dans des valises que nous avons déposées dans nos caves respectives. En rangeant ces vertus dans nos valises, nous avons rangé ce qui nous permet d’être connecté à Dieu. De fait nous avons rangé Dieu aussi dans notre cave et nous n’en parlons plus. Nous avons rangé Dieu dans la cave, et nous estimons que c’est bien. A présent, nous croyons être libres de faire tout ce que nous voulons. De fait, nous devenons maîtres de nous-mêmes. Aller à la confesse devient une histoire vieillotte. Cela ne sert à rien. Nous avons oublié que nous sommes faibles et fragiles.

Dans les épreuves de la vie, nous passons de charlatan en charlatan, de psy en psy, d’antidépresseurs à antidépresseurs. Notre âme est surchargée de péché, notre âme est étouffée par nos péchés. Notre conscience devient émoussée à cause des années passées (60 ans, 50 ans, 40 ans…) sans se confesser.  Nous perdons le goût de vivre, dès lors, nous tournons en rond sans savoir quel chemin prendre. Malgré cela, Dieu se manifeste encore à nous par la figure de Jean-Baptiste qui élève la voix dans le désert.

  1. 2.    La deuxième manifestation : la figure de Jean-Baptiste

« Une voix proclame : «  Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu.  Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! Que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé ». 

Par la figure de Jean-Baptiste, le Seigneur nous invite à revenir à lui. Il nous invite  à Le déballer de notre valise. Il nous convie à aller chercher la valise que nous avons déposée dans la cave. Il nous convie à ouvrir notre cœur. Il nous invite à faire de la place dans notre cœur. Il nous invite à tracer une route droite pour Lui, dans notre cœur. Il nous invite à ne pas déchirer nos vêtements, mais à déchirer notre cœur. Ce ne sont pas nos habits qui sont sales, c’est plutôt notre cœur à chacun et à chacune qui est sale. En un mot, il nous invite seulement à nous convertir. Si nous ouvrons notre cœur pour accueillir Dieu, alors notre âme suit les motions du cœur et se laisse facilement entrainer par le désir du Bien, le désir de devenir saint.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, l’heure est grave, l’année de la miséricorde à débuté, et pourtant il n’y a pas encore de pénitents. Parfois nous recevons la Sainte Hostie, Sacrement d’Amour, dans une âme surchargée de choses lourdes, de péchés. Nous espérons être allégés en La recevant, mais nous ressentons de plus belle que les chagrins, le désespoir, les idées noires, le dégoût de la vie sont encore là. Le Seigneur se manifeste efficacement dans une âme propre et rayonnante.

Pour nous en libérer, une chose est indispensable : la confession. Par la confession, le Seigneur nous libère, comme Il a libéré son peuple de l’oppression des Egyptiens. Par la confession, le Seigneur rompt tous les liens malsains que nous avons consciemment ou inconsciemment érigés. Ouvrons notre cœur, et accueillons le Seigneur, qui par son baptême se rend solidaire à nous. , encore Dieu se manifeste pour nous rappeler qu’il est miséricordieux, qu’Il est solidaire de l’homme.

  1. La troisième manifestation : le baptême de Jésus Christ

« Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé, lui aussi, Jésus priait. Le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Chers bien-aimés dans le Seigneur, en choisissant un prophète, Dieu se manifeste en lui pour un bref moment ; à la solennité de la Nativité, Il s’est manifesté aux bergers par l’annonce de l’Ange, à la solennité de la Sainte Famille, Il s’est manifesté à Siméon. A l’Epiphanie, Il s’est manifesté aux rois mages. Au Baptême du Seigneur, Dieu, à la fois Un et Trine, donc la Sainte Trinité se manifeste à ce peuple et par extension à toute l’humanité. A la manifestation de la Sainte Trinité, toute la création se met en mouvement :

Dans notre bible, définie par le canon, après le dernier prophète Malachie, les écluses du ciel se sont fermées. Dieu ne se manifeste plus : plus de prophète choisi par Dieu. Mais au Baptême de Jésus Christ, les écluses du ciel qui étaient fermées, s’ouvrent à la seule prière de Jésus Christ : L’Esprit Saint entre en action, Il fait irruption en Jésus, le Père rend témoignage à son Fils Jésus Christ en ces termes : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Pour la première fois, nous voyons la Sainte Trinité présentée sous une forme anthropomorphique. Désormais, nous sommes appelés à écouter, pour toujours, le Fils bien-aimé du Père qui nous parle par les Ecritures, les sacrements, la prière communautaire et la prière personnelle. Lui nous conduit désormais et nous montre le chemin du Salut.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, malgré  cette triple manifestation divine à travers les lectures de ce jour, nous cherchons encore Dieu ailleurs ; et pourtant Il est là. Parfois les antidépresseurs nous empêchent de le voir à l’œuvre. Ces antidépresseurs peuvent nous aider, mais les souffrances sont toujours là et créent d’autres souffrances plus pénibles. Quand Dieu intervient dans notre histoire, les souffrances disparaissent, la joie de chanter apparaît, notre visage rayonne de sa présence. Revenons vers Dieuqui nous attendimpatiemment. Revenir vers Dieu, en allant déposer tous nos péchés à l’autel de la miséricorde, c’est-à-dire à la confesse. Revenir vers Dieu en allant à la messe. Revenir vers Dieu en posant des actes de charité envers les autres.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, sans Dieu, l’homme va à sa perdition. La preuve, le psalmiste nous rappelle, en quelques versets, l’importance pour l’homme de s’accrocher à Dieu. A ce propos, il dit : « Tous, ils comptent sur toi pour recevoir leur nourriture au temps voulu. Tu donnes : eux, ils ramassent ; tu ouvres la main : ils sont comblés. Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre ».

A la suite du psalmiste, qui nous rappelle que l’homme, sans Dieu, s’étouffe, ouvrons notre cœur à Dieu et demandons-Lui de venir y habiter. Amen !

F. r.t

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Homélie du deuxième dimanche de l'Avent - Année C

Cyriaque disait un jour à son curé : « Monsieur l’abbé, je suis sans péché, je ne vois pas pourquoi je dois me convertir, je ne comprends pas pourquoi  je dois faire la démarche de la réconciliation ». Ne perdez pas votre temps dans le confessionnal. Cyriaque souligne de plus : « Le mensonge, l’orgueil, la tricherie, l’adultère, l’infidélité, le vol, le viol, les critiques, les médisances, les jugements portés sur les autres, sont, à mon avis, des fautes.  Donc je suis sans péché. Un gamin de 10 ans qui se prépare pour la profession de foi était témoin des propos de Cyriaque. Etant choqué, il opina sans retenu :

« Monsieur Cyriaque, le mensonge, l’orgueil, la tricherie, l’adultère, l’infidélité, le vol, le viol, les critiques, les médisances, les jugements portés sur les autres sont tous des péchés et non des fautes. Une faute n’est pas un péché, et un péché n’est pas une faute. Ne prenez pas du plaisir à pécher, mais prenez plutôt du plaisir à les éviter, et si vous tombez, allez vous confesser, monsieur Cyriaque.  Un péché, c’est ce qui blesse l’amour de Dieu. De fait, ces péchés nous séparent de Dieu. Allez donc à la confesse pour recevoir la miséricorde de DieuElle vous fera du bien ». 

Cyriaque perd ses mots et commence à bégayer… Le curé qui pense qu’il sème dans le vide, s’est senti réconforté par la sagesse de ce gamin.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, le dimanche passé, nous avons essayé de mieux cerner ce qu’est la triple venue du Seigneur. En outre, nous étions invités par le Seigneur à nous lever, à nous tenir debout.

Aujourd’hui, en ce 2e dimanche du Temps de l’Avent, le Seigneur, par les lectures de ce jour,  nous invite à faire deux démarches : l’appel à la conversion - et l’appel à nous mettre en marche.

Dans la première lecture,  le prophète Baruch invite Jérusalem à se convertir. Le contexte dans lequel il adresse ce message est particulier. Baruch est disciple du prophète Jérémie dont le message a été fort contesté par ses contemporains. Le Peuple vers lequel il est envoyé, s’est détourné de son Dieu.

Il n’a pas respecté l’Alliance conclue avec Dieu. Le peuple est déporté en Babylonie. Au chapitre 4 de ce livre, le prophète Baruch rappelle à Israël ses péchés.

Au chapitre 5, celui que nous avons écouté, le prophète invite Jérusalem à se convertir. Il l’invite à quitter sa robe de tristesse et de misère. Cette invitation adressée à Jérusalem est pour nous une interpellation,  en ce jour. Dès lors cette première lecture s’actualise pour nous. Baruch nous convie, aussi, à nous débarrasser de notre robe de tristesse et de misère.

De quelle robe de tristesse et de misère s’agit-il ? Elles peuvent être notre péché ou nos péchés, nos désobéissances envers Dieu. L’homme contemporain s’est détourné de Dieu. Il a remplacé Dieu par l’argent, la recherche du plaisir, le pouvoir éphémère, les commérages, les critiques sans finalité ou à finalité destructrice…….

Qu’est-ce qui, dans notre vie, nous enveloppe de tristesse et de misère ? Sommes-nous conscients de ces choses-là ? Pouvons-nous les énumérer ? Pouvons-nous mettre des mots sur toutes nos misères et nos tristesses ?

Ce Temps de l’Avent est une période favorable ; c’est justement l’occasion pour nous, de faire un examen de conscience plus approfondi dans un face à face avec le Seigneur. Même si nous ne sommes pas prêts pour le faire, n’ayons pas peur, mettons-nous en présence du Seigneur et laissons-nous guider par lui.

Le Seigneur, par sa présence et sa Parole, Source de guérison, met en lumière nos péchés. Acceptons de nous convertir, acceptons de changer nos habitudes qui nous éloignent de Dieu, acceptons de nous remettre en question devant Dieu, acceptons d’accueillir la grâce de la conversion, acceptons de boire à la Source de la miséricorde. Il suffit de nous convertir. Se convertir, n’est pas une démarche difficile. Il suffit de passer de l’orgueil à l’humilité et la démarche de la conversion sera sans doute plus facile pour nous.

Dans la lettre qu’il adresse aux Philippiens, Saint Paul prie pour ceux-ci et les invite également à la conversion. Pour ce faire, il leur demande de progresser dans l’amour. Rappelons-nous, le dimanche passé, il nous a rappelé de progresser en amour. Cette fois-ci il nous le redemande. C’est important ! Du dimanche passé jusqu’à ce dimanche-ci, avons-nous progressé en amour. Avons-nous fait le pas de l’amour dans la vérité envers notre prochain ?

L’amour dans la vérité  est donc le chemin par lequel nous pouvons être épanouis dans notre démarche de foi. La conversion à laquelle nous sommes invités est téléologique ; c’est-à-dire orientée vers un but, vers une finalité. Cette finalité n’est rien d’autre que le Salut apporté par le Christ. Le Salut apporté par le Christ à chacun et à chacune est possible si nous nous détournons du Mal pour choisir le Bien qui, seul, nous conduit à la Vie.

Dans l’évangile de ce jour, saint Jean-Baptiste nous invite également à la conversion pour le pardon des péchés. Saint Jean Baptiste nous convie à observer deux choses : Préparer les chemin du Seigneur - Rendre droit les sentiers

Chers bien-aimés dans le Seigneur, derrière ces mots sentiers et chemins, voyons notre cœur, toutes les hommeries, les fourberies qui y habitent et qui nous éloignent de Dieu. Saint Jean nous invite à préparer nos cœurs, à nous débarrasser de toutes ces choses, pour accueillir l’Infiniment grand qui s’est fait infiniment petit.

Comment préparer notre cœur, si nous affirmons que nous sommes parfaits ? Comment préparer notre cœur si nous affirmons que nous sommes sans péchés ? Saint Jean nous rappelle ceci : « Si nous disons : « Nous n’avons pas de péchés », nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous. Si nous disons : « Nous n’avons pas péché », nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous ».  (1Jn1, 8.10)

 Comment pourrions-nous rendre droit nos sentiers si nous refusons d’accueillir la Parole de Dieu qui, seule peut mettre de l’ordre dans notre vie personnelle, dans notre histoire personnelle ?

Si nous ne sommes pas réconciliés avec notre propre histoire, en présence du Seigneur, par sa Parole  qui est Source de guérison, le message de la conversion peut nous paraître lourd à entendre et à vivre.

         Chers bien-aimés dans le Seigneur, dimanche dernier, nous étions invités à nous lever, cette fois-ci nous sommes invités à marcher. Mais marcher pour aller où ? Pour marcher, il est important de savoir où nous devons aller.

Si nous refusons l’appel à la conversion, alors, nous marcherons sans pour autant savoir où nous devons aller. Marcher présuppose la direction à prendre pour atteindre le but de la marche. Si nous acceptons la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu, alors nous sommes sur le bon chemin, parce qu’il est Celui qui nous montre le chemin à suivre. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » dit-il en Jn 14, 6.

         A la suite du psalmiste, demandons au Seigneur, au cours de cette eucharistie, de répandre sur nous l’Esprit de Vérité, qu’il nous aide à rester fermes dans la foi, persévérants dans la charité et tendus vers l’espérance. Amen ! 

F.r.t. 

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Homélie du premier dimanche de l'Avent - Année C

Chers bien-aimés dans le Seigneur, Florence fait de nouveau son retour parmi nous. Cette fois-ci, elle est un peu désorientée parce qu’elle surprend deux fidèles en train de se disputer. L’une parle à l’autre en ces thèmes :

         Chère amie, la messe n’est pas un concert où il faut venir et s’asseoir du début jusqu’à la fin. A la messe, les fidèles sont réunis autour du Seigneur qui les convoque. En étant convoqués, ils sont rassemblés autour du Seigneur qui leur donne à la fois sa Parole, son Corps et son Sang pour les nourrir. Quand le Seigneur, le roi des rois convoque, il y a des attitudes liturgiques à respecter : par exemple, se lever et s’asseoir. Tout a un sens durant la messe, chère amie. L’autre, à ces propos se fâche et l’insulte parce qu’elle se sentait concernée. Ceci a suscité quelques querelles de mots. Bref.  Florence se concentre et prépare son cœur pour bien vivre la messe qui va bientôt débuter.

 

         En ce premier dimanche de l’Avent, les textes du jour nous invitent à observer deux démarches :

-         la première consiste à bien cerner la signification de la venue du Seigneur.

-         La deuxième nous convie à adopter une attitude liturgique : celle de se lever et de se tenir debout.

Comment comprendre la venue du Seigneur ?

Toutes les lectures y compris l’Evangile parlent de la venue du Seigneur.

La première lecture tirée du livre du prophète Jérémie parle de la venue du Seigneur en ces termes : « Voici venir des jours, oracle du Seigneur, où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda ».

La venue du Seigneur, ici, met un accent particulier sur le Kairos, le Temps favorable, c’est-à-dire le Temps du Salut où s’accomplissent, pour les hommes, les promesses de Dieu, c’est-à-dire les promesses du Salut. Par là, Dieu entend sauver son Peuple meurtri et épuisé par les souffrances liées à la déportation.

Ce Salut s’accomplit par les promesses de Justice. La Justice est l’attribut de Dieu, et de cette Justice résulte son Amour, sa Miséricorde, et sa Tendresse et son Enseignement.

Le Temps du Salut est un Temps où Dieu enseigne son Peuple et lui permet de goûter à son Amour à la fois Paternel et Maternel. Dieu accorde la consolation à son Peuple. Consolez, consolez mon peuple, disait le Seigneur, par la bouche du prophète Isaïe.

Dans ladeuxième lecture, tirée de la première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens, Paul insiste aussi sur la venue du Seigneur. Cette venue, ici, est un appel à la conversion. Cette conversion qui nous introduit dans un élan et un dynamisme d’amour nourri par la persévérance.

A ce propos, il invite les chrétiens de Thessalonique à demeurer dans l’amour. Il les invite à progresser dans cet amour. Saint Paul leur rappelle les critères pour plaire à Dieu. Il y a ici un piège auquel nous succombons souvent :

Plaire à quelqu’un ne veut pas dire être complaisant envers lui ou essayer de le  séduire. Plaire à quelqu’un par exemple, c’est essayer de faire ce que la personne aime, et éviter de faire ce qu’il ou elle n’aime pas. Mais séduire quelqu’un ou quelqu’une, c’est jouer sur les sentiments de la personne et l’amener à aimer quelque chose en nous.

Saint Paul ne nous demande pas de séduire le Seigneur mais plutôt de lui plaire. Le seul critère pour plaire au Seigneur, c’est d’aimer. Celui ou celle qui aime le Seigneur éprouve la facilité à observer ses commandements.  Par là, il ou elle plait à Dieu.  Aimer Dieu est très facile. Pour y arriver, il est important de commencer à aimer dans la vérité. L’Amour et la Vérité sont indissociables.

L’Evangile, pour sa part, insiste également sur la venue du Seigneur. A cet effet, le Seigneur nous invite à rester éveillé, à nous tenir debout (eigero), c’est-à-dire à demeurer dans une attitude de vigilance. 

 

Chers bien-aimés dans le Seigneur, les lectures nous parlent de la triple venue du Seigneur :

-         Il était venu, il y a deux milles ans : Il était venu en prenant et en assumant notre condition humaine par sa mort et sa résurrection.

-         Il vient encore et toujours à chaque célébration eucharistique où il s’offre à nous par sa Parole qui devient Chair. Nourriture spirituelle que nous recevons et qui nous fortifie et affermit. Il vient aussi quand deux ou trois personnes sont réunies en son Nom.

-         Il reviendra dans la gloire avec grande puissance et grande gloire.

Entre le déjà-là et le pas-encore, nous sommes pris par amour dans une tension de voir s’accomplir sa venue plénière. Nous le revivons à chaque fois que nous répondons à l’invitation du prêtre : « Il est grand le mystère de la foi ». Ce moment est précieux, ce n’est pas un petit chant que nous fredonnons, mais nous vivons, en ce moment, l’exaltation et la manifestation plénière de ce retour glorieux du Christ qui a déjà commencé et qui n’est pas encore pleinement accompli.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, voilà pourquoi nous sommes invités à nous lever et à nous tenir debout pour ne pas nous endormir ! (ceci nous permet de mieux participer, de manifester notre participation durant la messe)

Il est vrai c’est la deuxième démarche à laquelle les lectures nous invitent. C’est aussi la démarche que nous voulons entreprendre durant ce temps de l’Avent. Il est certainement vrai que la remarque de cette fidèle est pertinente. Se lever et se tenir debout est une attitude liturgique qui exprime le respect, la vigilance et la disponibilité pour écouter et l’élan pour agir.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, nous sommes appelés à nous lever. Ne restons pas assis sur nos habitudes qui parfois peuvent nous éloigner de Dieu. L’habitude est bonne en soi, mais elle doit se laisser éclairer par le Seigneur.

Florence, il y a parfois des choses qui peuvent nous heurter, mais il est bien de dire les choses avec amour, plutôt que de juger. Saint Jacques rappelle en Jc 2, 12-13 : « Parlez et agissez comme des gens qui doivent être jugés par une loi de liberté. Car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement ».

Au cours de cette eucharistie, mettons nos pas dans les pas du psalmiste qui lui-même, se laisse éclairer par le Seigneur de qui vient tout don.  Amen ! 

F.r.t.

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Homélie pour la fête du Christ Roi – Dimanche 22 novembre 2015

Chers bien-aimés dans le Seigneur, l’Eglise universelle fête aujourd’hui la solennité du Christ-Roi de l’Univers. Les textes qui nous sont proposés, en ce jour, nous invitent à accueillir et à mieux comprendre l’identité de Jésus-Christ, de laquelle découle sa Royauté. La Royauté du Christ n’est pas une réalité extrinsèque, mais plutôt intrinsèque.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, pour comprendre la Royauté de Jésus Christ, nous sommes appelés à accueillir son identité ; or si nous accueillons son identité, nous accueillons aussi les mystères de l’incarnation et de la Rédemption : sa mort et sa résurrection. La Royauté de Jésus Christ outrepasse tous les miracles qu’il a accomplis.

La première lecture tirée du livre du prophète Daniel est souvent classé parmi les récits apocalyptiques : apocalypse : apo : de calypto : révélation ; révélation du Fils de l’homme. Le prophète Daniel annonce que la domination du Fils de l’homme est une domination éternelle, qui ne passera pas et sa Royauté, une Royauté qui ne sera pas détruite ; une Royauté qui va durer pour les siècles et des siècles.

De quelle domination s’agit-il ?

Il ne s’agit pas d’une domination purement humaine où la haine, la barbarie, le mépris de l’autre, le pouvoir écrasant ont le dernier mot. Il s’agit plutôt de la domination d’Amour et de miséricorde. Dieu qui a créé l’homme libre ne peut pas le soumettre encore à des fardeaux pesants.

Le Fils de l’homme dont parle le prophète Daniel est dévoilé dans la deuxième lecture tirée de l’Apocalypse de saint Jean. Ce Fils de l’homme est bien entendu Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier né des morts, le prince des rois de toute la terre.  Saint Jean rappelle qu’il nous aime, qu’il nous a délivrés de nos péchés par son sang.

A nouveau saint Jean associe le mystère de la Rédemption à la primauté et la Royauté de Jésus Christ. S’il est Roi de l’Univers, c’est justement parce qu’il nous a sauvés de nos péchés ; c’est parce qu’il nous a donnés la vie.

Il est l’Alpha et l’Oméga, c’est-à-dire le début et la finalité de toutes choses. Il est « Celui qui est, qui était et qui vient ». Il est en effet, ce même vocable par lequel Dieu se révèle à Moïse dans le buisson ardent. Dans ce récit, Dieu se révèle à Moïse en disant : « Je suis Celui qui est » Ex 2, 14.

         Dans l’évangile de ce jour, le Christ rappelle que sa « Royauté n’est pas de ce monde. Si ma Royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs ».

Par cette déclaration, le Christ fait une distinction entre la royauté purement humaine et la Royauté qui est la sienne. La Royauté du Christ est divine. Il est Roi parce qu’il est le Rédempteur de l’homme-pécheur. Il est Roi parce qu’il nous a sauvés. A cause du péché, l’homme a perdu la communion qu’il avait avec Dieu.

  Il est Roi, parce qu’ayant pris notre condition humaine, excepté le péché, il nous sauve et nous introduit dans la communion, jadis perdue, avec son Père, par l’Esprit Saint qui nous sanctifie.

« Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité, écoute ma voix ».

Chers bien-aimés dans le Seigneur, par cette déclaration « Je Suis », « Ego Eimi », le Christ témoigne à la fois de sa divinité et de sa royauté qui outrepasse notre entendement humain. Par cette déclaration, Il donne les arguments qui rendent raison de sa naissance, (incarnation), de son ministère publique et du dessein de Dieu de rassembler tous les hommes en un seul chef : le Christ.  (Ep1, 10)

Derrière cette déclaration, nous pouvons d’ores et déjà percevoir le mystère de la Rédemption : le même qui est né, est le même qui est mort et le même qui est le Premier ressuscité d’entre les morts, le même qui reviendra, à la fin des Temps. Il est venu, il vient à chaque messe et se donne à nous par sa Parole et par son Corps et son Sang en vue de notre Salut.

Confesser la royauté du Christ, c’est confesser à la fois sa mort et sa résurrection. L’infiniment-Grand s’est fait infiniment petit et par-là, il est proclamé par le Père l’infiniment-Roi.

L’hymne de saint Paul au Philippiens (Ph 2, 6-11) atteste cela et en même temps nous invite à confesser la Primauté et la Royauté  de Jésus Christ avec foi. Une foi qui se déploie par la Charité et reste ouverte à l’Espérance de revoir la venue du Christ notre Roi avec grande puissance et grande gloire.

Demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de sanctifier les yeux de nos cœurs et de nous accorder la grâce de savourer ce Moment de sa Gloire qui est déjà là parmi nous, et qui, en même temps, n’est pas encore. Sa venue à la fin des Temps sera l’irruption plénière de Dieu, dont l’Amour va envelopper tout l’Univers, qui désormais va être « Un » avec Lui, Père, Fils et Saint Esprit. Amen !  

F.r.t.

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Homélie du dimanche 18 octobre 2015

Chers bien-aimés dans le Seigneur, depuis l’histoire du jeune homme, notre chère Florence, est à nouveau, revenue de ses émotions. Elle reprend sa permanence en toute quiétude. Cette fois-ci, le curé lui confie une tâche supplémentaire. Par-là, il souhaiterait que Florence cerne mieux les hommes et les femmes de ce temps qu’elle rencontre durant sa permanence au secrétariat.  Pour ce faire, il confie, officiellement, à Florence, la programmation des lecteurs pour la messe du Christ-Roi de l’Univers. C’est une grande fête qui rassemble beaucoup de fidèles.

Le curé sait bien que la programmation des lecteurs est une tâche délicate, toutefois il est confiant. Florence peut l’assumer.

Le jour de sa permanence, une dame sonne à la cure et souhaiterait s’entretenir avec Florence. Elle l’accueille et l’installe au secrétariat. Voici qu’à peine assise, la dame, au lieu de se présenter tout simplement, commence à exposer tous ses bagages intellectuels. Elle aurait étudié le théâtre et l’art de la rhétorique. Elle aurait aussi étudié l’art de l’éloquence. Elle propose donc à Florence qu’elle est la mieux placée pour l’aider à exercer la tâche qui lui est confiée. De plus elle sait mieux lire que quiconque. Elle a fait ses preuves et a reçu des décorations à ce propos. Elle trouve d’ailleurs que les lecteurs de la paroisse sont nuls. Elle peut mieux faire. Florence l’écoute paisiblement, la congédie et propose de la rappeler.

A peine assise, la sonnerie de la cure retentit de nouveau; et voilà une autre dame qui aimerait parler à Florence. Elle l’accueille au bureau et se met à son écoute. Cette dame lui rappelle qu’elle a un frère prêtre dans sa famille ; de fait elle sait comment préparer les lectures et comment les lire de manière soigneuse et éloquente. Elle rappelle qu’elle était lectrice à la cathédrale. Elle se présente comme étant la candidate potentielle pour être lectrice. Elle avertit Florence de ne pas accepter la dame qui est venue avant elle. C’est une peste dit-elle ! En plus, les lecteurs de la paroisse lisent de manière déplorable? Florence l’écoute, fait un rapport, puis promet de la rappeler. 

Une fois parti, Florence se pose beaucoup de questions : Elle ne sait vraiment pas comment s’y prendre. Voilà deux dames de caractères assez forts  qui tombent dans le piège de la rivalité. Elles ne savent pas le rôle du lecteur ou de la lectrice au cours de la messe. Lire la Parole de Dieu, c’est prêter seulement sa voix à Dieu qui parle à son peuple, par les textes sacrés.

Florence ne voudrait pas voir le curé pour lui exposer ces deux entretiens. Selon elle, ils sont d’une grande futilité. Elle ne sait pas quelle réponse donner à ces deux dames. Elle a encore quelques semaines devant elle, alors elle décide de se laisser éclairer par les lectures du dimanche. De fait, après la lecture, elle éprouve une joie, car elle espère avoir des éléments de réponses à partir de l’homélie du curé. Elle espère que les deux dames seront aussi à la messe !

Chère Florence, les lectures de ce 29e dimanche du Temps Ordinaire peuvent apporter une réponse à tes questionnements.

La première lecture, tirée du livre du prophète Isaïe, annonce une typologie, c’est-à-dire la figure du serviteur dont il est question dans la deuxième lecture et l’Evangile. Ce serviteur fait l’expérience de la kénose. Le mot kénose fait allusion à l’abaissement et à l’exaltation du serviteur, et donc du Christ.

Pour l’abaissement, Isaïe rappelle la souffrance du serviteur : elle est considérée comme un sacrifice de réparation accrédité par le Seigneur. La souffrance du serviteur est donc liée au salut qu’il opère pour libérer l’homme de ses péchés. L’exaltation peut être comprise comme l’élévation, la glorification du serviteur ; elle est distincte de l’abaissement. Elle souligne également que l’abaissement du serviteur est accrédité par le Seigneur. On peut distinguer  l’abaissement et l’exaltation, mais pas les séparer car l’une et l’autre sont imbriquées. ;. Puisque le serviteur a fait l’expérience de la kénose, il peut, non seulement, justifier  la multitude qu’il est venu sauver, mais aussi se charger de leur faute.

La deuxième lecture, tirée de la lettre aux Hébreux, dévoile la figure du serviteur dont parle Isaïe. Ce serviteur est un grand prêtre capable de compatir à nos faiblesses. Il a fait l’expérience de nos difficultés. Il a assumé notre humanité, toutefois il connait le péché mais il n’en fait pas l’expérience. Ce serviteur, ce grand prêtre ouvre  à tous les hommes l’accès à la miséricorde et à la grâce par son acte de servir. Il est vrai, ce serviteur nous a sauvés. Il nous revient, en retour, d’exprimer notre liberté à nous avancer vers Dieu pour recevoir cette grâce et cette miséricorde.

L’Evangile dévoile, de manière plénière, l’identité du serviteur dont parlent à la fois Isaïe et la lettre aux Hébreux. Il résulte de cet Evangile un verset clef qui résume le rôle de tout serviteur à l’égard des âmes qui lui sont confiées. Là, se vérifie l’onction qu’il a reçue de la part du Seigneur. Ce verset, le-voici : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ».

Chère Florence, sois sans crainte, toute personne qui est appelée à servir le Seigneur n’a pas à occuper une grande place, ni une petite. Il a à occuper la place noble : elle se trouve justement sur la Croix. Le Christ a désiré occuper cette place en vue de notre salut. De fait, celui ou celle qui est appelé(e) à servir ses frères et sœurs dans la foi, doit avoir le désir brûlant et le souci d’essayer d’occuper cette place. Ce faisant, il se laisse configurer au Christ pour devenir un alter Christus.

Chère Florence, celui qui désire servir le Christ, dans son Eglise, ne fait pas étalage ni de ses talents, ni de son ou ses savoir(s), mais il se présente en serviteur qui, sans le Seigneur, ne peut rien faire. Nous ne pouvons pas servir le Christ, au sein de l’Eglise, dans une attitude de rivalité, mais plutôt dans une attitude de don qui devient une offrande de soi au Seigneur dans le service des autres.

Le Seigneur n’est pas venu pour être servi mais servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. Rappelons-nous constamment cette phrase ; si nous pensons mieux faire les choses sans l’aide du Seigneur, nous transformons l’Eglise du Seigneur en une boutique qui devient notre propre affaire. Dès lors, ce n’est plus l’Eglise du Seigneur mais notre propre affaire qui demeure éphémère.

N’ayons pas la soif d’occuper les premières places, ayons plutôt la soif d’occuper la place noble. Si Jean et Jacques désirent avoir les deux meilleures places à côté de Jésus, c’est parce qu’ils se sont laissés manipuler par le regard du monde.

 

 La vision de Dieu ne peut jamais être la vision des hommes. Ce n’est pas Dieu qui doit accorder sa vision à celle des hommes, mais c’est l’homme qui doit accorder sa vision à celle de Dieu. Dès lors la prière du Notre Père que nous récitons parfois de manière inconsciente, peut devenir authentique et porter du fruit dans notre cœur. De fait, nous aurons bien accordé notre volonté à celle de Dieu qui sait mieux que nous, ce dont nous avons besoin pour être heureux.

Florence est toute heureuse : elle a, à présent, des éléments de réponse dans l’homélie du curé. Elle peut, dès lors, répondre aux deux dames. Elles étaient venues aussi à la messe, mais elles n’ont plus répondu à l’invitation de Florence. Pourquoi ? Nul ne le sait !

Chers bien-aimés dans le Seigneur, chère Florence, à la suite du psalmiste, demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de nous accorder la grâce de mieux saisir l’essentiel de  ses enseignements. Amen !

F.r.t.

 

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Homélie du dimanche 11 octobre 2015

Chers bien-aimés dans le Seigneur, l’histoire de Florence prend de l’ampleur. Après l’homélie du dimanche dernier, Florence a pu vaincre sa petite crise identitaire. Elle comprend désormais le devoir de l’homme et de la femme et leur responsabilité à s’entretenir et à entretenir la création, œuvre merveilleuse accomplie par Dieu. Florence reprend sa permanence au secrétariat de la paroisse, et voici une surprise qui l’attend encore ! Est-ce agréable ou désagréable ? Elle ne le sait pas.

La sonnerie de la cure retentit, un jeune homme se présente et demande à voir le curé. Florence ouvre la portel’accueille et le fait asseoir. Elle l’informe que le curé est parti préparer un baptême. Elle conseille au jeune homme de revenir l’après-midi ou du moins de se rendre à la messe du dimanche. Là il pourra voir le curé après la messe !

Le jeune homme accueille l’information. Mais il est rongé par de multiples souffrances. Il a du mal à patiencienter jusqu’au dimanche ; dès lors, il commence à raconter sa vie à Florence afin que celle-ci puisse l’aider.

Florence avait peur, mais  cette peur était habitée d’une sérénité.  Le jeune homme raconte à Florence qu’il est à la recherche du Bonheur ; il souhaite être vraiment heureux, mais il est difficile pour lui de trouver le chemin du bonheur. Là, il expose à Florence toutes ses aventures : recherchant le bonheur, il a commencé à vendre de la drogue ; il a amassé de l’argent, mais un jour il a été arrêté par la police et fut jeté en prison. Sorti de prison après des années, le désir du bonheur le hantait, alors il s’est fait bouddhiste ; il passait des jours et des nuits à faire du yoga, mais sans succès. Quelqu’un lui conseilla d’adhérer à  la franc-maçonnerie, et là, il sera heureux. Il le fit donc, resta des années dans ce club, mais se rendit compte qu’il n’était pas heureux. Il eut le cœur rempli de culpabilité. Il devint adepte de la Rose Croix, il passa de magiciens en magiciens, d’astrologue en astrologue, mais le désir du bonheur le hantait toujours.

Il était tellement rongé par quelque chose qui lui pesait, alors éclatant en sanglots, il dit : madame Florence aidez-moi, aidez-moi, je n’en peux plus. Je désire être heureux.

 Florence est désemparée, mais elle voit à travers l’histoire du jeune homme son propre cheminement. Toutefois, elle ne sait pas quoi dire. Elle donne seulement au jeune homme les textes du dimanche et le nom de la rue où se trouve l’église où a lieu la messe du dimanche.

Elle fait un rapport au curé, puis rentre chez elle, après la permanence. Elle est nerveuse ! Elle est inquiète pour lui. Pendant que Florence s’inquiétait pour lui, le jeune homme a déjà lu plus de douze fois les lectures du dimanche que Florence lui a remises. A peine la messe commencée, le jeune homme fait son entrée de manière discrète.

Chère Florence, ne soit pas si inquiète, les textes de ce 28e dimanche du Temps Ordinaire peuvent non seulement t’apaiser, mais aussi chacun et chacune.

La première lecture fait l’éloge de la Sagesse qui est don de Dieu. Le livre de la Sagesse est souvent attribué au Roi Salomon. Salomon, ayant succédé, très jeune, à son père David, prie Dieu afin que Celui-ci lui fasse don de la Sagesse lui permettant de conduire le Peuple qui lui est confié. De fait Dieu exauça sa prière et lui fit don de sa Sagesse.

La première lecture rappelle que la Sagesse de Dieu dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Rien ne l’égale, même la richesse de ce monde qui passe. Ici la Sagesse est attribut de Dieu. En dehors de Dieu, de qui coule la Sagesse qui éclaire et illumine la conscience de l’homme, il n’y a plus d’autre Sagesse aussi limpide et aussi claire. Puisque la Sagesse est un don de Dieu à désirer, nous pouvons, dès lors, comprendre la démarche du jeune homme qui s’est entretenu avec Florence. Puisque la Sagesse est don de Dieu, elle résulte de Dieu lui-même qui se communique à l’homme.

La deuxième lecture, tirée de la lettre aux Hébreux, nous rappelle la puissance de la Parole de Dieu, capable d’affermir, de sonder et de guérir le cœur de l’homme, blessé par le péché. « La Parole de Dieu est vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants », nous rappelle la deuxième lecture. Chère Florence, cher jeune homme, n’attendez pas que la Parole de Dieu vous caresse dans le sens du poil, si tel est le cas, soyez rassurés que ce n’est pas la Parole de DieuDieu, par sa Parole ne cherche pas à nous plaire, mais plutôt à nous guérir, nous relever de nos blessures et de nos péchés, avec notre libre accord.

Chère Florence, cher jeune homme, si vous voulez être heureux, faites de la Parole de Dieu votre Nourriture quotidienne. Lisez-là tous les jours, même avant de venir à la messe le dimanche. Mettez-vous à l’écoute de la Parole de Dieu, et vous ne serez pas déçus.

L’Evangile de ce jour met un accent sur l’aspiration profonde de l’homme à désirer le bonheur. La démarche du jeune homme de l’Evangile croise celle du jeune homme qui a rencontré Florence. Il est vrai que les expériences ne sont pas les mêmes, mais tous deux, y compris Florence sont animés du même désir d’être heureux.

Le jeune homme de l’Evangile, vue sa richesse, pouvait ne pas aller à la rencontre du Christ. Mais contrairement au jeune homme de notre histoire, il va à la rencontre du Christ et lui expose son aspiration brûlante de désirer la vie éternelle, ou du moins le Bonheur, ou encore la Béatitude. Et nous irons-nous voir le Christ si nous étions à la place du jeune homme ? Nous aurions peut-être préféré aller voir le psy, le marabout, le magicien ou l’astrologue. Là nous oublions parfois que ces derniers nous dépouillent de nos richesses spirituelles et matérielles de manière habile. Ceux-ci prennent de l’argent avant de nous écouter, mais Dieu ne nous demande rien, si ce n’est l’expression de notre liberté à  aller à sa rencontre.

Il y a ici une énigme et la voici : le jeune homme exprime son désir d’avoir la vie éternelle. La vie éternelle n’est pas un avoir, mais plutôt un don que nous recevons. Ce n’est pas la somme arithmétique de tous les biens que nous faisons, c’est plutôt un don de Dieu qui relève de la surabondance de son Amour.

Le jeune homme de cet Evangile a du mal à se mettre à l’écoute du Christ qui est la Parole éternelle du Père. La preuve, il n’a pas vendu tous ses biens, il ne les a pas donnés aux pauvres afin d’avoir un trésor dans les cieux. De plus, il n’est pas venu à la suite du Christ. Il est parti, la tête baissée, parce qu’il avait de grands biens.

Cher jeune homme, si vous voulez être heureux, suivez le Christ. Lui seul connait la voie qui conduit au Bonheur, voilà pourquoi il demande au jeune homme de l’Evangile de venir à sa suite après avoir donné tous ses biens vendus aux pauvres.

Toi aussi cher jeune homme fait de même. Le Christ propose au jeune homme de l’Evangile un chemin de conversion. Il lui demande de prendre un autre chemin. C’est justement cela la conversion. Se convertir, c’est prendre un autre chemin que celui que nous prenons d’habitude. Florence l’a compris et s’est engagée à la suite du Christ.

Florence repart chez elle le cœur rempli de joie. Par contre le jeune homme fond en larmes ! Le jeune homme de notre histoire fera t-il la même chose que Florence ? Ou suivra t-il le même chemin que celui du jeune homme de l’Evangile de ce jour ?  

Chers bien-aimés dans le Seigneur, Florence s’est fait gardienne de ce jeune homme en lui montrant le chemin du Bonheur. Et nous, sommes-nous aussi prêts à être le gardien ou la gardienne de nos frères et sœurs dans la foi ?

Demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de nous accorder la grâce d’une conversion véritable. Demandons Lui de  répandre son Esprit Saint sur chacun et chacune de nous. Demandons-Lui de susciter, au sein de notre paroisse, des hommes et des femmes capables de prier pour un renouveau spirituel à Florennes. Amen !

 F.r.t.

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Homélie du dimanche 04 octobre 2015

Chers bien-aimés dans le Seigneur, Florence se remet tout doucement de la furieuse jalousie dont elle a été victime. Elle a, en effet, commencé le service que le curé de la paroisse lui a confié. Florence travaille une fois la semaine au secrétariat de la paroisse. Elle aide le curé à encoder les registres de baptême, de mariage et des funérailles.  Malgré ce travail, elle ne perd pas de vue ses deux désirs : être heureuse et retrouver son identité. Elle sait bien que la seule manière, de retrouver sa vraie identité, est de mieux connaître Jésus Christ et de mieux l’aimer.

Le désir de connaître son identité s’est de plus en plus manifesté lors d’une rencontre, qu’elle qualifie de providentielle. Le jour de sa permanence  au secrétariat de la paroisse, la sonnerie de la cure sonne. Elle ouvre, voilà que deux femmes font leur entrée et souhaitent rencontrer le curé en vue d’envisager leur mariage. Florence était en dehors d’elle-même. Ayant le cœur rempli de bon sens, elle les accueille, leur  rappelle que le curé est absent. Elle les invite à se rendre à la messe le dimanche afin de le rencontrer après la messe. Après cette information, elle les congédie.

Depuis lors, Florence  tombe dans une petite crise identitaire. Etant néophyte dans la foi, elle se pose la question de ce que cela peut signifier. Elle ne sait pas non plus la position de l’Eglise sur le mariage de deux personnes de même sexe. Elle n’arrive plus à dormir. La théorie du gender qu’elle connait du bout des doigts ne lui donne aucune réponse satisfaisante.

Que faire ? Elle attend aussi le dimanche pour rencontrer le curé.

         Chère Florence, les lectures de ce 27e dimanche du Temps Ordinaire peuvent donner une réponse à la question fondamentale que tu te poses. Ne sois pas troublée, sois confiante. Il n’y a pas de question existentielle qui ne puisse trouver une réponse dans la Parole de Dieu.

La première lecture, tirée du livre de la Genèse, raconte l’œuvre merveilleuse déployée par le Seigneur. L’expression : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra » introduit la merveilleuse œuvre que Dieu réalise pour l’homme qu’il créé à son Image et à sa ressemblance. 

Dieu modela les animaux et les oiseaux puis les présenta à l’homme. Celui-ci donna un nom à chacun. Il y a ici une nuance : l’homme donne à chacun de ces bêtes et oiseaux un nom, mais il ne s’émerveille pas trop. Mais quand Dieu fit la femme, autrement dit quand Dieu façonna la femme, à partir de la côte de l’homme, celui-ci s’émerveilla et dit : « c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ».

Il est vrai, l’homme s’émerveille devant la femme que Dieu lui donne afin qu’il ne soit pas seul. Dieu lui donne une aide qui lui correspond. De plus, l’homme et la femme se complètent dans leur manière d’être : La femme permet à l’homme d’être plus homme et d’affermir sa masculinité ; toutefois, l’homme permet à la femme de découvrir et d’affermir sa féminité. L’un et l’autre se complètent merveilleusement. Les vocables (Ish et Ishscha) soulignent bien cette complémentarité nonobstant la distinction entre les deux. Cette distinction n’est pas un obstacle, mais une chance.

L’unité entre deux personnes est possible s’il existe une différence. Dieu désire que l’homme ne soit pas seul. Le désir de Dieu pour l’homme s’accomplit à chaque fois quand l’homme quitte son père et sa mère pour rejoindre sa femme, afin que les deux ne soient plus deux mais un. L’unité ne supprime pas la différence, mais la promeut et la transforme constamment en don et respect mutuel.

         La  deuxième lecture, tirée de la lettre aux Hébreux, souligne le moyen par lequel l’homme peut découvrir sa vraie identité. La lettre aux Hébreux rappelle bien que Jésus Christ est le miroir par lequel nous découvrons qui nous sommes réellement. L’expression : « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine » explique ce propos.

         Chère Florence, chers bien-aimés dans le Seigneur, Celui qui sanctifie, c’est Jésus Christ, et nous sommes sanctifiés par le Christ, dans l’Esprit Saint, voilà pourquoi nous pouvons appeler Dieu, Abba, c’est-à-dire Papa.  Saint Paul le rappelle de manière merveilleuse en Rm 8, 16-17 : « L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui ». 

        

Chère Florence, l’évangile de ce jour donne aussi une réponse à ta question. « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme ? » Voilà la question-piège que les pharisiens posent à Jésus. Ils pensaient le mettre à l’épreuve, mais Jésus remet la question dans son contexte et par là, il donne une réponse qui peut t’apaiser, Florence. Jésus rappelle aux pharisiens qu’au commencement, Dieu fit l’homme et la femme.

Il n’a pas dit qu’au commencement, Dieu fit la femme et la femme, ou l’homme et l’homme. Il insiste bien qu’il fit l’homme et la femme. Florence, Dieu propose à l’homme le chemin du Bonheur, mais la société propose parfois à l’homme le chemin de la perdition, si bien que l’homme perd son identité.

La société propose à l’homme une pseudo-identité, mais Dieu rappelle à l’homme sa vraie identité. L’homme cherche parfois des solutions faciles et se coupe de Dieu qui l’a créé à son Image et à sa ressemblance ; dès lors, il devient étranger à lui-même et à son voisin ou sa voisine.

Le péché défigure son identité et l’empêche de percevoir le Bonheur que Dieu a préparé pour lui. Florence, tout cela empêche l’homme de faire le choix, le meilleur qui le conduit au Bonheur véritable. Le pseudo bonheur que la société lui propose est tellement mirobolant si bien qu’il abandonne Dieu pour choisir la société comme étant celle qui l’a créé. Homme où vas-tu ? Découvre Celui qui t’a créé à son Image et à sa ressemblance et tu seras heureux. Florence, continue de te mettre à l’école du Seigneur.

Florence, après l’homélie du curé rayonne de joie. Les deux femmes qui devraient le rencontrer pour leur mariage, repartent la tête baissée. Que s’est-il passé dans leur cœur ? Ni Florence, ni le curé ne le savent. Seul Dieu le sait.

Chère Florence, chers bien-aimés dans le Seigneur, demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de répandre sur nous la grâce de la conversion capable de sanctifier notre liberté humaine, qui sans le Seigneur ne peut être épanouie. Amen !

F.r.t

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Homélie du 26e dimanche du temps ordinaire, année B

Chers bien-aimés dans le Seigneur, le récit  concernant Florence prend de l’ampleur. Elle fait d’énormes progrès à la suite du Christ. Elle le vit bien, si bien que le curé de sa paroisse lui propose un service important au sein de la paroisse. Au cours d’une messe, ce dernier prend l’initiative de confier officiellement, un service à Florence, dans le but de l’aider à avancer, à progresser dans la connaissance du Christ et la connaissance des hommes et des femmes de ce temps. Juste après l’annonce, un climat de jalousie et de rivalité se fait sentir dans l’assemblée. Le voisin de Florence qui lui a montré le chemin de l’église devient très jaloux. Enveloppé par ce sentiment de jalousie, il l’exprime en paroles : « cela fait longtemps que je viens à l’église, mais le curé ne m’a jamais confié un service pareil ; mais cette nouvelle qui ne connait rien de la foi, on lui confie un service aussi important ». Sa jalousie prend de l’ampleur. L’assemblée se divise, une partie encourage Florence, et l’autre s’acharne contre elle pour l’empêcher de mener à bien sa mission.

Tout ceci se passe en coulisse ; le curé n’est même pas informé ; Florence, pour sa part, ne dit rien au curé. Elle choisit le silence et la prière ; elle a du mal à imaginer une telle jalousie ; elle a du mal à imaginer que l’on puisse communier au Corps du Christ, Sacrement d’Amour par excellence, et en même temps vivre dans des jalousies qui deviennent obstacles à l’évangélisation. Ne sachant quoi faire, elle se pose beaucoup de questions, sans pour autant avoir de réponses !

Chère Florence, les textes de ce 26e dimanche du Temps Ordinaire peuvent répondre à tes questions.

La première lecture tirée du livre des Nombres te rappelle que Dieu est libre de donner sa grâce à qui il veut. Il ne fait pas la distinction entre  les personnes. Il ne juge pas ceux et celles qui sont nouveaux ou anciens dans la foi. Dans la foi, il n’y a pas d’ancienneté, l’ancien peut devenir nouveau comme le nouveau peut devenir ancien s’il n’est pas humble et sage.

Dans la première lecture, Eldad et Médad sont restés dans le  camp, pourtant ils ont reçus une part de l’Esprit du Seigneur qui reposait sur Moise. Moïse, par la réponse donnée à Josué, fait preuve de sagesse et rappelle à celui-ci que c’est une joie, si le Seigneur peut faire de tout son peuple, un peuple de prophète. La vision de Moïse est éclairée de l’intérieur par la Sagesse de Dieu.

Dans la deuxième lecture, saint Jacques fustige les riches. Il fait une distinction entre la manière pour Dieu  et l’homme de faire usage de leurs richesses. Dieu répand ses richesses et ses grâces sur l’homme, mais l’homme préfère garder ses richesses et profiter des richesses d’autrui.

 Chers bien-aimés dans le Seigneur, derrière le mot richesse des hommes, nous pouvons percevoir les vertus de foi, d’espérance et de charité que nous avons reçues au baptême. Que faisons-nous de ces richesses ? Florence met ses richesses au profit de sa paroisse, et cela crée des problèmes. Par jalousie, Florence a été massacrée par la puissance des langues et des regards.

Florence, sois sans crainte, le Seigneur te vient en aide, sois confiante et continue ton chemin à la suite du Seigneur. Il vaut mieux plaire à Dieu que de plaire aux hommes.

Chère Florence, l’évangile de ce jour peut t’être encourageant. Le Seigneur rappelle à Jean que celui qui parle de lui ne peut être contre lui. De fait, il met Jean en garde contre toutes formes d’écueils pouvant nous amener à être un obstacle pour les autres. Florence, ton voisin et quelques personnes constituent  un obstacle pour  le service qui t’a été confié et pour ton cheminement à la suite du Christ. Mais sois sans crainte, par cet évangile, le Seigneur lui-même te conforte. Toi aussi, sois attentive et ne reproduit jamais les obstacles dont tu as été victime, sinon tu reproduiras le mal au lieu de reproduire le bien.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, retenons que le Seigneur expose à ses disciples, mais aussi à Florence, à chacun et chacune de nous, le sens du dépouillement spirituel. Toutefois, nous ne sommes pas appelés à prendre l’évangile à la lettre. Nous ne sommes pas appelés à mutiler notre corps. La gloire de Dieu, dit Irénée de Lyon, c’est l’homme vivant, c’est l’homme debout capable de chanter ses merveilles.

Dieu ne nous demande pas de devenir des monstres, mais il nous invite à être ceux et celles qu’il a créés à son Image et à sa ressemblance. Il nous invite à nous dépouiller de tout ce qui peut nous empêcher d’aimer, de semer de l’amour autour de nous

Il nous invite à nous laisser, librement,  transformer par la puissance de son Amour qui relève.

L’Amour de Dieu est habité de l’intérieur par la Vérité. Il n’est pas habité par la complaisance. Si nous aimons par complaisance, il se peut que nous ne soyons pas vrais, il se peut que nous menons une double vie, et si tel est le cas, comment voulons nous aider Florence à mener à bien son service, si en nous-mêmes nous sommes divisés ?

Demandons au Seigneur, au cours de cette célébration eucharistique, d’unifier notre amour, notre cœur et notre langue. Amen !

 F.r.t

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