Chers bien-aimés dans le Seigneur, Florence se remet tout doucement de la furieuse jalousie dont elle a été victime. Elle a, en effet, commencé le service que le curé de la paroisse lui a confié. Florence travaille une fois la semaine au secrétariat de la paroisse. Elle aide le curé à encoder les registres de baptême, de mariage et des funérailles.  Malgré ce travail, elle ne perd pas de vue ses deux désirs : être heureuse et retrouver son identité. Elle sait bien que la seule manière, de retrouver sa vraie identité, est de mieux connaître Jésus Christ et de mieux l’aimer.

Le désir de connaître son identité s’est de plus en plus manifesté lors d’une rencontre, qu’elle qualifie de providentielle. Le jour de sa permanence  au secrétariat de la paroisse, la sonnerie de la cure sonne. Elle ouvre, voilà que deux femmes font leur entrée et souhaitent rencontrer le curé en vue d’envisager leur mariage. Florence était en dehors d’elle-même. Ayant le cœur rempli de bon sens, elle les accueille, leur  rappelle que le curé est absent. Elle les invite à se rendre à la messe le dimanche afin de le rencontrer après la messe. Après cette information, elle les congédie.

Depuis lors, Florence  tombe dans une petite crise identitaire. Etant néophyte dans la foi, elle se pose la question de ce que cela peut signifier. Elle ne sait pas non plus la position de l’Eglise sur le mariage de deux personnes de même sexe. Elle n’arrive plus à dormir. La théorie du gender qu’elle connait du bout des doigts ne lui donne aucune réponse satisfaisante.

Que faire ? Elle attend aussi le dimanche pour rencontrer le curé.

         Chère Florence, les lectures de ce 27e dimanche du Temps Ordinaire peuvent donner une réponse à la question fondamentale que tu te poses. Ne sois pas troublée, sois confiante. Il n’y a pas de question existentielle qui ne puisse trouver une réponse dans la Parole de Dieu.

La première lecture, tirée du livre de la Genèse, raconte l’œuvre merveilleuse déployée par le Seigneur. L’expression : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra » introduit la merveilleuse œuvre que Dieu réalise pour l’homme qu’il créé à son Image et à sa ressemblance. 

Dieu modela les animaux et les oiseaux puis les présenta à l’homme. Celui-ci donna un nom à chacun. Il y a ici une nuance : l’homme donne à chacun de ces bêtes et oiseaux un nom, mais il ne s’émerveille pas trop. Mais quand Dieu fit la femme, autrement dit quand Dieu façonna la femme, à partir de la côte de l’homme, celui-ci s’émerveilla et dit : « c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ».

Il est vrai, l’homme s’émerveille devant la femme que Dieu lui donne afin qu’il ne soit pas seul. Dieu lui donne une aide qui lui correspond. De plus, l’homme et la femme se complètent dans leur manière d’être : La femme permet à l’homme d’être plus homme et d’affermir sa masculinité ; toutefois, l’homme permet à la femme de découvrir et d’affermir sa féminité. L’un et l’autre se complètent merveilleusement. Les vocables (Ish et Ishscha) soulignent bien cette complémentarité nonobstant la distinction entre les deux. Cette distinction n’est pas un obstacle, mais une chance.

L’unité entre deux personnes est possible s’il existe une différence. Dieu désire que l’homme ne soit pas seul. Le désir de Dieu pour l’homme s’accomplit à chaque fois quand l’homme quitte son père et sa mère pour rejoindre sa femme, afin que les deux ne soient plus deux mais un. L’unité ne supprime pas la différence, mais la promeut et la transforme constamment en don et respect mutuel.

         La  deuxième lecture, tirée de la lettre aux Hébreux, souligne le moyen par lequel l’homme peut découvrir sa vraie identité. La lettre aux Hébreux rappelle bien que Jésus Christ est le miroir par lequel nous découvrons qui nous sommes réellement. L’expression : « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine » explique ce propos.

         Chère Florence, chers bien-aimés dans le Seigneur, Celui qui sanctifie, c’est Jésus Christ, et nous sommes sanctifiés par le Christ, dans l’Esprit Saint, voilà pourquoi nous pouvons appeler Dieu, Abba, c’est-à-dire Papa.  Saint Paul le rappelle de manière merveilleuse en Rm 8, 16-17 : « L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui ». 

        

Chère Florence, l’évangile de ce jour donne aussi une réponse à ta question. « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme ? » Voilà la question-piège que les pharisiens posent à Jésus. Ils pensaient le mettre à l’épreuve, mais Jésus remet la question dans son contexte et par là, il donne une réponse qui peut t’apaiser, Florence. Jésus rappelle aux pharisiens qu’au commencement, Dieu fit l’homme et la femme.

Il n’a pas dit qu’au commencement, Dieu fit la femme et la femme, ou l’homme et l’homme. Il insiste bien qu’il fit l’homme et la femme. Florence, Dieu propose à l’homme le chemin du Bonheur, mais la société propose parfois à l’homme le chemin de la perdition, si bien que l’homme perd son identité.

La société propose à l’homme une pseudo-identité, mais Dieu rappelle à l’homme sa vraie identité. L’homme cherche parfois des solutions faciles et se coupe de Dieu qui l’a créé à son Image et à sa ressemblance ; dès lors, il devient étranger à lui-même et à son voisin ou sa voisine.

Le péché défigure son identité et l’empêche de percevoir le Bonheur que Dieu a préparé pour lui. Florence, tout cela empêche l’homme de faire le choix, le meilleur qui le conduit au Bonheur véritable. Le pseudo bonheur que la société lui propose est tellement mirobolant si bien qu’il abandonne Dieu pour choisir la société comme étant celle qui l’a créé. Homme où vas-tu ? Découvre Celui qui t’a créé à son Image et à sa ressemblance et tu seras heureux. Florence, continue de te mettre à l’école du Seigneur.

Florence, après l’homélie du curé rayonne de joie. Les deux femmes qui devraient le rencontrer pour leur mariage, repartent la tête baissée. Que s’est-il passé dans leur cœur ? Ni Florence, ni le curé ne le savent. Seul Dieu le sait.

Chère Florence, chers bien-aimés dans le Seigneur, demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de répandre sur nous la grâce de la conversion capable de sanctifier notre liberté humaine, qui sans le Seigneur ne peut être épanouie. Amen !

F.r.t