Chers bien-aimés dans le Seigneur, l’histoire de Florence prend de l’ampleur. Après l’homélie du dimanche dernier, Florence a pu vaincre sa petite crise identitaire. Elle comprend désormais le devoir de l’homme et de la femme et leur responsabilité à s’entretenir et à entretenir la création, œuvre merveilleuse accomplie par Dieu. Florence reprend sa permanence au secrétariat de la paroisse, et voici une surprise qui l’attend encore ! Est-ce agréable ou désagréable ? Elle ne le sait pas.

La sonnerie de la cure retentit, un jeune homme se présente et demande à voir le curé. Florence ouvre la portel’accueille et le fait asseoir. Elle l’informe que le curé est parti préparer un baptême. Elle conseille au jeune homme de revenir l’après-midi ou du moins de se rendre à la messe du dimanche. Là il pourra voir le curé après la messe !

Le jeune homme accueille l’information. Mais il est rongé par de multiples souffrances. Il a du mal à patiencienter jusqu’au dimanche ; dès lors, il commence à raconter sa vie à Florence afin que celle-ci puisse l’aider.

Florence avait peur, mais  cette peur était habitée d’une sérénité.  Le jeune homme raconte à Florence qu’il est à la recherche du Bonheur ; il souhaite être vraiment heureux, mais il est difficile pour lui de trouver le chemin du bonheur. Là, il expose à Florence toutes ses aventures : recherchant le bonheur, il a commencé à vendre de la drogue ; il a amassé de l’argent, mais un jour il a été arrêté par la police et fut jeté en prison. Sorti de prison après des années, le désir du bonheur le hantait, alors il s’est fait bouddhiste ; il passait des jours et des nuits à faire du yoga, mais sans succès. Quelqu’un lui conseilla d’adhérer à  la franc-maçonnerie, et là, il sera heureux. Il le fit donc, resta des années dans ce club, mais se rendit compte qu’il n’était pas heureux. Il eut le cœur rempli de culpabilité. Il devint adepte de la Rose Croix, il passa de magiciens en magiciens, d’astrologue en astrologue, mais le désir du bonheur le hantait toujours.

Il était tellement rongé par quelque chose qui lui pesait, alors éclatant en sanglots, il dit : madame Florence aidez-moi, aidez-moi, je n’en peux plus. Je désire être heureux.

 Florence est désemparée, mais elle voit à travers l’histoire du jeune homme son propre cheminement. Toutefois, elle ne sait pas quoi dire. Elle donne seulement au jeune homme les textes du dimanche et le nom de la rue où se trouve l’église où a lieu la messe du dimanche.

Elle fait un rapport au curé, puis rentre chez elle, après la permanence. Elle est nerveuse ! Elle est inquiète pour lui. Pendant que Florence s’inquiétait pour lui, le jeune homme a déjà lu plus de douze fois les lectures du dimanche que Florence lui a remises. A peine la messe commencée, le jeune homme fait son entrée de manière discrète.

Chère Florence, ne soit pas si inquiète, les textes de ce 28e dimanche du Temps Ordinaire peuvent non seulement t’apaiser, mais aussi chacun et chacune.

La première lecture fait l’éloge de la Sagesse qui est don de Dieu. Le livre de la Sagesse est souvent attribué au Roi Salomon. Salomon, ayant succédé, très jeune, à son père David, prie Dieu afin que Celui-ci lui fasse don de la Sagesse lui permettant de conduire le Peuple qui lui est confié. De fait Dieu exauça sa prière et lui fit don de sa Sagesse.

La première lecture rappelle que la Sagesse de Dieu dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Rien ne l’égale, même la richesse de ce monde qui passe. Ici la Sagesse est attribut de Dieu. En dehors de Dieu, de qui coule la Sagesse qui éclaire et illumine la conscience de l’homme, il n’y a plus d’autre Sagesse aussi limpide et aussi claire. Puisque la Sagesse est un don de Dieu à désirer, nous pouvons, dès lors, comprendre la démarche du jeune homme qui s’est entretenu avec Florence. Puisque la Sagesse est don de Dieu, elle résulte de Dieu lui-même qui se communique à l’homme.

La deuxième lecture, tirée de la lettre aux Hébreux, nous rappelle la puissance de la Parole de Dieu, capable d’affermir, de sonder et de guérir le cœur de l’homme, blessé par le péché. « La Parole de Dieu est vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants », nous rappelle la deuxième lecture. Chère Florence, cher jeune homme, n’attendez pas que la Parole de Dieu vous caresse dans le sens du poil, si tel est le cas, soyez rassurés que ce n’est pas la Parole de DieuDieu, par sa Parole ne cherche pas à nous plaire, mais plutôt à nous guérir, nous relever de nos blessures et de nos péchés, avec notre libre accord.

Chère Florence, cher jeune homme, si vous voulez être heureux, faites de la Parole de Dieu votre Nourriture quotidienne. Lisez-là tous les jours, même avant de venir à la messe le dimanche. Mettez-vous à l’écoute de la Parole de Dieu, et vous ne serez pas déçus.

L’Evangile de ce jour met un accent sur l’aspiration profonde de l’homme à désirer le bonheur. La démarche du jeune homme de l’Evangile croise celle du jeune homme qui a rencontré Florence. Il est vrai que les expériences ne sont pas les mêmes, mais tous deux, y compris Florence sont animés du même désir d’être heureux.

Le jeune homme de l’Evangile, vue sa richesse, pouvait ne pas aller à la rencontre du Christ. Mais contrairement au jeune homme de notre histoire, il va à la rencontre du Christ et lui expose son aspiration brûlante de désirer la vie éternelle, ou du moins le Bonheur, ou encore la Béatitude. Et nous irons-nous voir le Christ si nous étions à la place du jeune homme ? Nous aurions peut-être préféré aller voir le psy, le marabout, le magicien ou l’astrologue. Là nous oublions parfois que ces derniers nous dépouillent de nos richesses spirituelles et matérielles de manière habile. Ceux-ci prennent de l’argent avant de nous écouter, mais Dieu ne nous demande rien, si ce n’est l’expression de notre liberté à  aller à sa rencontre.

Il y a ici une énigme et la voici : le jeune homme exprime son désir d’avoir la vie éternelle. La vie éternelle n’est pas un avoir, mais plutôt un don que nous recevons. Ce n’est pas la somme arithmétique de tous les biens que nous faisons, c’est plutôt un don de Dieu qui relève de la surabondance de son Amour.

Le jeune homme de cet Evangile a du mal à se mettre à l’écoute du Christ qui est la Parole éternelle du Père. La preuve, il n’a pas vendu tous ses biens, il ne les a pas donnés aux pauvres afin d’avoir un trésor dans les cieux. De plus, il n’est pas venu à la suite du Christ. Il est parti, la tête baissée, parce qu’il avait de grands biens.

Cher jeune homme, si vous voulez être heureux, suivez le Christ. Lui seul connait la voie qui conduit au Bonheur, voilà pourquoi il demande au jeune homme de l’Evangile de venir à sa suite après avoir donné tous ses biens vendus aux pauvres.

Toi aussi cher jeune homme fait de même. Le Christ propose au jeune homme de l’Evangile un chemin de conversion. Il lui demande de prendre un autre chemin. C’est justement cela la conversion. Se convertir, c’est prendre un autre chemin que celui que nous prenons d’habitude. Florence l’a compris et s’est engagée à la suite du Christ.

Florence repart chez elle le cœur rempli de joie. Par contre le jeune homme fond en larmes ! Le jeune homme de notre histoire fera t-il la même chose que Florence ? Ou suivra t-il le même chemin que celui du jeune homme de l’Evangile de ce jour ?  

Chers bien-aimés dans le Seigneur, Florence s’est fait gardienne de ce jeune homme en lui montrant le chemin du Bonheur. Et nous, sommes-nous aussi prêts à être le gardien ou la gardienne de nos frères et sœurs dans la foi ?

Demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de nous accorder la grâce d’une conversion véritable. Demandons Lui de  répandre son Esprit Saint sur chacun et chacune de nous. Demandons-Lui de susciter, au sein de notre paroisse, des hommes et des femmes capables de prier pour un renouveau spirituel à Florennes. Amen !

 F.r.t.