Cyriaque disait un jour à son curé : « Monsieur l’abbé, je suis sans péché, je ne vois pas pourquoi je dois me convertir, je ne comprends pas pourquoi  je dois faire la démarche de la réconciliation ». Ne perdez pas votre temps dans le confessionnal. Cyriaque souligne de plus : « Le mensonge, l’orgueil, la tricherie, l’adultère, l’infidélité, le vol, le viol, les critiques, les médisances, les jugements portés sur les autres, sont, à mon avis, des fautes.  Donc je suis sans péché. Un gamin de 10 ans qui se prépare pour la profession de foi était témoin des propos de Cyriaque. Etant choqué, il opina sans retenu :

« Monsieur Cyriaque, le mensonge, l’orgueil, la tricherie, l’adultère, l’infidélité, le vol, le viol, les critiques, les médisances, les jugements portés sur les autres sont tous des péchés et non des fautes. Une faute n’est pas un péché, et un péché n’est pas une faute. Ne prenez pas du plaisir à pécher, mais prenez plutôt du plaisir à les éviter, et si vous tombez, allez vous confesser, monsieur Cyriaque.  Un péché, c’est ce qui blesse l’amour de Dieu. De fait, ces péchés nous séparent de Dieu. Allez donc à la confesse pour recevoir la miséricorde de DieuElle vous fera du bien ». 

Cyriaque perd ses mots et commence à bégayer… Le curé qui pense qu’il sème dans le vide, s’est senti réconforté par la sagesse de ce gamin.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, le dimanche passé, nous avons essayé de mieux cerner ce qu’est la triple venue du Seigneur. En outre, nous étions invités par le Seigneur à nous lever, à nous tenir debout.

Aujourd’hui, en ce 2e dimanche du Temps de l’Avent, le Seigneur, par les lectures de ce jour,  nous invite à faire deux démarches : l’appel à la conversion - et l’appel à nous mettre en marche.

Dans la première lecture,  le prophète Baruch invite Jérusalem à se convertir. Le contexte dans lequel il adresse ce message est particulier. Baruch est disciple du prophète Jérémie dont le message a été fort contesté par ses contemporains. Le Peuple vers lequel il est envoyé, s’est détourné de son Dieu.

Il n’a pas respecté l’Alliance conclue avec Dieu. Le peuple est déporté en Babylonie. Au chapitre 4 de ce livre, le prophète Baruch rappelle à Israël ses péchés.

Au chapitre 5, celui que nous avons écouté, le prophète invite Jérusalem à se convertir. Il l’invite à quitter sa robe de tristesse et de misère. Cette invitation adressée à Jérusalem est pour nous une interpellation,  en ce jour. Dès lors cette première lecture s’actualise pour nous. Baruch nous convie, aussi, à nous débarrasser de notre robe de tristesse et de misère.

De quelle robe de tristesse et de misère s’agit-il ? Elles peuvent être notre péché ou nos péchés, nos désobéissances envers Dieu. L’homme contemporain s’est détourné de Dieu. Il a remplacé Dieu par l’argent, la recherche du plaisir, le pouvoir éphémère, les commérages, les critiques sans finalité ou à finalité destructrice…….

Qu’est-ce qui, dans notre vie, nous enveloppe de tristesse et de misère ? Sommes-nous conscients de ces choses-là ? Pouvons-nous les énumérer ? Pouvons-nous mettre des mots sur toutes nos misères et nos tristesses ?

Ce Temps de l’Avent est une période favorable ; c’est justement l’occasion pour nous, de faire un examen de conscience plus approfondi dans un face à face avec le Seigneur. Même si nous ne sommes pas prêts pour le faire, n’ayons pas peur, mettons-nous en présence du Seigneur et laissons-nous guider par lui.

Le Seigneur, par sa présence et sa Parole, Source de guérison, met en lumière nos péchés. Acceptons de nous convertir, acceptons de changer nos habitudes qui nous éloignent de Dieu, acceptons de nous remettre en question devant Dieu, acceptons d’accueillir la grâce de la conversion, acceptons de boire à la Source de la miséricorde. Il suffit de nous convertir. Se convertir, n’est pas une démarche difficile. Il suffit de passer de l’orgueil à l’humilité et la démarche de la conversion sera sans doute plus facile pour nous.

Dans la lettre qu’il adresse aux Philippiens, Saint Paul prie pour ceux-ci et les invite également à la conversion. Pour ce faire, il leur demande de progresser dans l’amour. Rappelons-nous, le dimanche passé, il nous a rappelé de progresser en amour. Cette fois-ci il nous le redemande. C’est important ! Du dimanche passé jusqu’à ce dimanche-ci, avons-nous progressé en amour. Avons-nous fait le pas de l’amour dans la vérité envers notre prochain ?

L’amour dans la vérité  est donc le chemin par lequel nous pouvons être épanouis dans notre démarche de foi. La conversion à laquelle nous sommes invités est téléologique ; c’est-à-dire orientée vers un but, vers une finalité. Cette finalité n’est rien d’autre que le Salut apporté par le Christ. Le Salut apporté par le Christ à chacun et à chacune est possible si nous nous détournons du Mal pour choisir le Bien qui, seul, nous conduit à la Vie.

Dans l’évangile de ce jour, saint Jean-Baptiste nous invite également à la conversion pour le pardon des péchés. Saint Jean Baptiste nous convie à observer deux choses : Préparer les chemin du Seigneur - Rendre droit les sentiers

Chers bien-aimés dans le Seigneur, derrière ces mots sentiers et chemins, voyons notre cœur, toutes les hommeries, les fourberies qui y habitent et qui nous éloignent de Dieu. Saint Jean nous invite à préparer nos cœurs, à nous débarrasser de toutes ces choses, pour accueillir l’Infiniment grand qui s’est fait infiniment petit.

Comment préparer notre cœur, si nous affirmons que nous sommes parfaits ? Comment préparer notre cœur si nous affirmons que nous sommes sans péchés ? Saint Jean nous rappelle ceci : « Si nous disons : « Nous n’avons pas de péchés », nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous. Si nous disons : « Nous n’avons pas péché », nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous ».  (1Jn1, 8.10)

 Comment pourrions-nous rendre droit nos sentiers si nous refusons d’accueillir la Parole de Dieu qui, seule peut mettre de l’ordre dans notre vie personnelle, dans notre histoire personnelle ?

Si nous ne sommes pas réconciliés avec notre propre histoire, en présence du Seigneur, par sa Parole  qui est Source de guérison, le message de la conversion peut nous paraître lourd à entendre et à vivre.

         Chers bien-aimés dans le Seigneur, dimanche dernier, nous étions invités à nous lever, cette fois-ci nous sommes invités à marcher. Mais marcher pour aller où ? Pour marcher, il est important de savoir où nous devons aller.

Si nous refusons l’appel à la conversion, alors, nous marcherons sans pour autant savoir où nous devons aller. Marcher présuppose la direction à prendre pour atteindre le but de la marche. Si nous acceptons la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu, alors nous sommes sur le bon chemin, parce qu’il est Celui qui nous montre le chemin à suivre. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » dit-il en Jn 14, 6.

         A la suite du psalmiste, demandons au Seigneur, au cours de cette eucharistie, de répandre sur nous l’Esprit de Vérité, qu’il nous aide à rester fermes dans la foi, persévérants dans la charité et tendus vers l’espérance. Amen ! 

F.r.t.