Chers bien-aimés dans le Seigneur ! En jour où l’Eglise fête le Baptême de Jésus Christ,  le Père se manifeste etpar là, Il rend témoignage à son Fils qui fut annoncé par les prophètes et les Ecritures. Dans les lectures de ce jour et dans l’Evangile, Dieu se manifeste de trois manières.

  1. Première manifestation de Dieu : le choix du prophète Isaïe

         Dans la première lecture, tirée du prophète Isaïe, Dieu se manifeste en choisissant Isaïe pour faire de lui son prophète, c’est-à-dire son messager auprès de son peuple. Dans ce passage que nous avons entendu, Dieu s’empare du prophète et lui demande d’annoncer un message de consolation  à son peuple: « Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes ».

De quel crime s’agit-il ?

Il s’agit de son infidélité à l’égard de Dieu. Le peuple de Dieu n’a pas été fidèle à l’Alliance. Il s’est détourné de Dieu et s’est tourné vers de faux dieux. Il a délaissé son Dieu pour s’attacher à d’autres dieux, autre que Celui qui l’a fait sortir de l’oppression en Egypte, et en Babylone.

Dieu est miséricordieux, Il lui pardonne, cette infidélité ; Il épanche son Cœur sur les misères de son peuple. Pourtant le peuple a oublié les merveilles, les traces de Dieu en son sein.

Derrière l’infidélité de ce peuple, le Seigneur nous rappelle aussi notre propre infidélité envers Lui. Le Baptême du Seigneur nous rappelle notre propre baptême. Par le baptême, le Seigneur nous a aussi libérés de l’esclavage du péché originel, par sa mort et sa résurrection, il nous a acquis le salut. Et pourtant, nous continuons à l’offenser de plusieurs manières. Cette lecture s’adresse à nous aujourd’hui. En se manifestant à nous, par le biais du prophète Isaïe, le Seigneur nous invite à débarrasser notre cœur, de tout ce qui nous éloigne de Lui.

Qu’est-ce qui nous éloigne de Dieu ?  

Justement, le péché nous éloigne de Dieu. Aujourd’hui, nous avons oublié notre baptême, nous avons rangé les vertus théologales (la foi, l’espérance et la charité) dans des valises que nous avons déposées dans nos caves respectives. En rangeant ces vertus dans nos valises, nous avons rangé ce qui nous permet d’être connecté à Dieu. De fait nous avons rangé Dieu aussi dans notre cave et nous n’en parlons plus. Nous avons rangé Dieu dans la cave, et nous estimons que c’est bien. A présent, nous croyons être libres de faire tout ce que nous voulons. De fait, nous devenons maîtres de nous-mêmes. Aller à la confesse devient une histoire vieillotte. Cela ne sert à rien. Nous avons oublié que nous sommes faibles et fragiles.

Dans les épreuves de la vie, nous passons de charlatan en charlatan, de psy en psy, d’antidépresseurs à antidépresseurs. Notre âme est surchargée de péché, notre âme est étouffée par nos péchés. Notre conscience devient émoussée à cause des années passées (60 ans, 50 ans, 40 ans…) sans se confesser.  Nous perdons le goût de vivre, dès lors, nous tournons en rond sans savoir quel chemin prendre. Malgré cela, Dieu se manifeste encore à nous par la figure de Jean-Baptiste qui élève la voix dans le désert.

  1. 2.    La deuxième manifestation : la figure de Jean-Baptiste

« Une voix proclame : «  Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu.  Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! Que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé ». 

Par la figure de Jean-Baptiste, le Seigneur nous invite à revenir à lui. Il nous invite  à Le déballer de notre valise. Il nous convie à aller chercher la valise que nous avons déposée dans la cave. Il nous convie à ouvrir notre cœur. Il nous invite à faire de la place dans notre cœur. Il nous invite à tracer une route droite pour Lui, dans notre cœur. Il nous invite à ne pas déchirer nos vêtements, mais à déchirer notre cœur. Ce ne sont pas nos habits qui sont sales, c’est plutôt notre cœur à chacun et à chacune qui est sale. En un mot, il nous invite seulement à nous convertir. Si nous ouvrons notre cœur pour accueillir Dieu, alors notre âme suit les motions du cœur et se laisse facilement entrainer par le désir du Bien, le désir de devenir saint.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, l’heure est grave, l’année de la miséricorde à débuté, et pourtant il n’y a pas encore de pénitents. Parfois nous recevons la Sainte Hostie, Sacrement d’Amour, dans une âme surchargée de choses lourdes, de péchés. Nous espérons être allégés en La recevant, mais nous ressentons de plus belle que les chagrins, le désespoir, les idées noires, le dégoût de la vie sont encore là. Le Seigneur se manifeste efficacement dans une âme propre et rayonnante.

Pour nous en libérer, une chose est indispensable : la confession. Par la confession, le Seigneur nous libère, comme Il a libéré son peuple de l’oppression des Egyptiens. Par la confession, le Seigneur rompt tous les liens malsains que nous avons consciemment ou inconsciemment érigés. Ouvrons notre cœur, et accueillons le Seigneur, qui par son baptême se rend solidaire à nous. , encore Dieu se manifeste pour nous rappeler qu’il est miséricordieux, qu’Il est solidaire de l’homme.

  1. La troisième manifestation : le baptême de Jésus Christ

« Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé, lui aussi, Jésus priait. Le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Chers bien-aimés dans le Seigneur, en choisissant un prophète, Dieu se manifeste en lui pour un bref moment ; à la solennité de la Nativité, Il s’est manifesté aux bergers par l’annonce de l’Ange, à la solennité de la Sainte Famille, Il s’est manifesté à Siméon. A l’Epiphanie, Il s’est manifesté aux rois mages. Au Baptême du Seigneur, Dieu, à la fois Un et Trine, donc la Sainte Trinité se manifeste à ce peuple et par extension à toute l’humanité. A la manifestation de la Sainte Trinité, toute la création se met en mouvement :

Dans notre bible, définie par le canon, après le dernier prophète Malachie, les écluses du ciel se sont fermées. Dieu ne se manifeste plus : plus de prophète choisi par Dieu. Mais au Baptême de Jésus Christ, les écluses du ciel qui étaient fermées, s’ouvrent à la seule prière de Jésus Christ : L’Esprit Saint entre en action, Il fait irruption en Jésus, le Père rend témoignage à son Fils Jésus Christ en ces termes : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Pour la première fois, nous voyons la Sainte Trinité présentée sous une forme anthropomorphique. Désormais, nous sommes appelés à écouter, pour toujours, le Fils bien-aimé du Père qui nous parle par les Ecritures, les sacrements, la prière communautaire et la prière personnelle. Lui nous conduit désormais et nous montre le chemin du Salut.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, malgré  cette triple manifestation divine à travers les lectures de ce jour, nous cherchons encore Dieu ailleurs ; et pourtant Il est là. Parfois les antidépresseurs nous empêchent de le voir à l’œuvre. Ces antidépresseurs peuvent nous aider, mais les souffrances sont toujours là et créent d’autres souffrances plus pénibles. Quand Dieu intervient dans notre histoire, les souffrances disparaissent, la joie de chanter apparaît, notre visage rayonne de sa présence. Revenons vers Dieuqui nous attendimpatiemment. Revenir vers Dieu, en allant déposer tous nos péchés à l’autel de la miséricorde, c’est-à-dire à la confesse. Revenir vers Dieu en allant à la messe. Revenir vers Dieu en posant des actes de charité envers les autres.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, sans Dieu, l’homme va à sa perdition. La preuve, le psalmiste nous rappelle, en quelques versets, l’importance pour l’homme de s’accrocher à Dieu. A ce propos, il dit : « Tous, ils comptent sur toi pour recevoir leur nourriture au temps voulu. Tu donnes : eux, ils ramassent ; tu ouvres la main : ils sont comblés. Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre ».

A la suite du psalmiste, qui nous rappelle que l’homme, sans Dieu, s’étouffe, ouvrons notre cœur à Dieu et demandons-Lui de venir y habiter. Amen !

F. r.t