« Peuple de lumière, baptisé pour témoigner, peuple d’Evangile, appelé pour annoncer les merveilles de Dieu pour tous les vivants ». écrivait Charles Singer.

Ce refrain résume en quelques mots les deux lectures, le psaume et l’Evangile de ce 4e dimanche du Temps ordinaire. Ce refrain rappelle que nous sommes ce peuple de lumière, baptisé, non pas pour nous endormir, mais pour témoigner de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière.    

Chers bien-aimés dans le Seigneur, par notre baptême, nous sommes consacrés, c’est-à-dire mis à part pour nous mettre à la suite de Jésus Christ. Nous mettre à sa suite comme témoin de ce que nous avons reçu le jour de notre baptême. 

Qu’avons-nous reçu le jour de notre Baptême ?,

Nous avons reçu trois dons de la part du Seigneur. Il s’agit de la foi, de l’espérance et de la charité. Nous sommes donc appelés à témoigner de ces trois dons.

Aujourd’hui nous avons peur de témoigner de ces trois dons, nous avons peur de témoigner notre foi, aujourd’hui, nous nous disons être chrétiens, mais par peur de nous afficher, nous nous cachons, nous portons des masques, nous nous déguisons pour ne pas nous faire remarquer.

C’est justement le message qui résulte de la première lecture, tirée du livre de Jérémie. Le Seigneur rappelle à Jérémie qu’il l’a consacré, c’est-à-dire mis à part. Il fait de Jérémie un prophète pour les nations. Il lui rappelle : « Mets ta ceinture autour des reins et lève-toi, tu diras contre eux tout ce que je t’ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon c’est moi qui te ferai trembler devant eux ».

Le prophète Jérémie est appelé à témoigner des ordonnances du Seigneur. Il est appelé à témoigner, non pas de lui, mais mener à bien la mission qui lui est confiée par le Seigneur.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, pourquoi avons-nous peur de témoigner notre foi autour de nous ?

Florennoises et Florennois, vous souvenez-vous encore de votre baptême ? Où sont les trois dons que vous avez reçus, de la part du Seigneur, le jour de votre baptême ?

Où avez-vous enfouis ou caché ces dons ? N’ayez pas peur de témoigner votre foi ! N’ayez pas peur de vivre de ce que vous témoignez ! C’est là, la véritable évangélisation.

Florennoises et Florennois, le manque de foi, l’oubli de votre foi peut parfois vous entrainer dans un laxisme spirituel.

Le Seigneur rappelle à Jérémie de ne pas avoir peur. Il lui rappelle qu’Il le protège: « Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer ».

La même parole que le Seigneur adresse à Jérémie, nous est adressée aujourd’hui.  

Florennoises et Florennois, de quoi avez-vous peur ? Celui qui reste dans la peur n’a pas atteint la perfection de l’Amour, nous rappelle saint Jean. (1Jn 4, 18)

Témoigner de notre foi autour de nous, c’est témoigner de l’amour et de l’espérance qui nous habitent et que nous avons reçus, le jour de notre baptême.

Nous disons parfois que nos églises sont vides, parfois nous accusons les autres sans nous auto-accuser.  

C’est facile d’accuser les autres, mais difficile de s’accuser soi-même. Si nous voulons que nos églises soient de nouveau remplies de fidèles vivant et témoignant de leur foi, nous sommes appelés à être témoins de l’amour, enraciné dans la foi et ouvert à l’espérance.

Par exemple, aussitôt sortis de la messe, au lieu de témoigner de ce que nous avons reçu durant la messe, nous nous mettons à critiquer les autres, sans jamais nous critiquer nous-mêmes.

Saint Paul, dans la seconde lecture, tirée de la première lettre aux Corinthiens, peut justement nous aider.  Il fait l’éloge de l’Amour. A ce propos, il fait la liste de ce que l’amour peut faire et ne doit pas faire. Ce que l’amour peut faire et ne doit pas faire constitue un ensemble de vertus que nous sommes appelés à vivre et à témoigner dans notre vie quotidienne, surtout avec beaucoup d’humilité.

 

Si nous comptons ce que l’amour peut faire et ce qu’il ne doit pas faire, nous avons au total 15 vertus sur l’amour. Chacun et chacune est appelé à faire son examen de conscience à partir de ces 15 vertus. C’est éclairant, cela nous permet de revoir notre manière de témoigner par le langage et par notre manière d’être envers les autres.

La Parole de Dieu doit prendre chair en nous, sinon notre témoignage est vide et ne peut toucher personne.

Nous ne pouvons pas, en tant que chrétiens, rester indifférents à la Parole de Dieu. La Parole de Dieu est là pour nous ajuster et nous amener à désirer et à faire le bien. 

« Peuple de lumière, baptisé pour témoigner ».

 Nous ne pouvons pas cacher notre foi, ni les merveilles que le Seigneur fait ou a fait pour nous. Vouloir cacher les merveilles que le Seigneur fait pour nous,  c’est choisir de ne pas être reconnaissant à l’égard de Dieu ; c’est choisir ne pas témoigner de la Providence de Dieu à nos frères et sœurs dans la foi.

« Peuple d’Evangile, appelé pour annoncer les merveilles de Dieu pour tous les vivants »

La deuxième partie de ce refrain résume l’Evangile de ce jour. Cet Evangile est justement la suite de l’Evangile du dimanche passé.

Ici, Jésus Christ annonce les merveilles de Dieu pour tous les vivants, y compris les étrangers. Il annonce les merveilles de Dieu dans sa ville natale, mais comme souvent, dans une assemblée, il y a :

Ceux et celles qui croient, ceux et celles qui sont moins croyants, ceux et celles qui doutent de tout, et ceux et celles qui sont là, par curiosité ou ceux et celles qui sont là pour occuper leur temps.

Parmi ceux-là, certains se sentent titillés par l’annonce-programme de Jésus : Ils ne se sentent ni pauvres, ni prisonniers, ni opprimés, ni aveugles. Ils n’ont sans doute pas besoin de l’année favorable accordée par le Seigneur.

De plus, ils se sentent saturés, énervés du fait que Dieu fasse miséricorde aux étrangers.

C’est justement ici qu’ils se sentent vraiment titillés. Jésus Christ, connaissant leurs manières de penser, les renvoie à leur profession de foi. Tout comme nous, le Juif aussi récite sa profession de foi qui se trouve en Dt 26, 5-11

Pour eux, Jésus ne peut pas leur rappeler cela, il est le fils de Joseph qu’ils connaissent. Ce gamin qu’ils ont vu grandir sous leurs yeux. Ils croient Le connaître, mais ils ne le connaissent pas. L’identité de Jésus Christ leur échappe. Ils ont beau cherché à le pousser du haut  de la colline vers le bas, Jésus Christ leur échappe encore : « Lui passant au milieu d’eux allait son chemin ».

Qui peut mettre la main sur Dieu ? Personne ! Dieu, par contre s’est donné sur la Croix pour le Salut du monde. Les soldats, les ennemis de Dieu ont cru mettre la main sur Lui, mais Il leur a encore échappé ; la preuve, Il est ressuscité !

Nous aurons tendance à fustiger ceux qui ont voulu pousser Jésus de la colline vers le bas.

Soyons prudents dans nos jugements !

Nous ressemblons bien à ceux-là. Eux, ils ont poussés Jésus par leurs mains, et nous, nous le faisons souvent par notre langue. Ou bien encore par des expressions : « on a toujours fait comme cela ».  Par cela, nous devenons des obstacles à la croissance de notre communauté. Nous empêchons l’Esprit Saint d’opérer un renouveauspirituel et de redynamiser la ferveur spirituelle communautaire.

Revêtons-nous du manteau de l’humilité et demandons au Seigneur de faire pleuvoir sa grâce sur nous : la grâce d’une vie chrétienne authentique, de laquelle résultent la Foi, l’Espérance, l’Amour, la Paix, la Joie. Alors, sans évangéliser, nos églises seront pleines, parce que nos frères et sœurs dans la foi et dans l’humanité seront touchés par notre témoignage. Là, nous serons vraiment ce peuple de lumière. Amen !

f.r.t.