Chers bien-aimés dans le Seigneur, l’Eglise universelle fête aujourd’hui la solennité du Christ-Roi de l’Univers. Les textes qui nous sont proposés, en ce jour, nous invitent à accueillir et à mieux comprendre l’identité de Jésus-Christ, de laquelle découle sa Royauté. La Royauté du Christ n’est pas une réalité extrinsèque, mais plutôt intrinsèque.

Chers bien-aimés dans le Seigneur, pour comprendre la Royauté de Jésus Christ, nous sommes appelés à accueillir son identité ; or si nous accueillons son identité, nous accueillons aussi les mystères de l’incarnation et de la Rédemption : sa mort et sa résurrection. La Royauté de Jésus Christ outrepasse tous les miracles qu’il a accomplis.

La première lecture tirée du livre du prophète Daniel est souvent classé parmi les récits apocalyptiques : apocalypse : apo : de calypto : révélation ; révélation du Fils de l’homme. Le prophète Daniel annonce que la domination du Fils de l’homme est une domination éternelle, qui ne passera pas et sa Royauté, une Royauté qui ne sera pas détruite ; une Royauté qui va durer pour les siècles et des siècles.

De quelle domination s’agit-il ?

Il ne s’agit pas d’une domination purement humaine où la haine, la barbarie, le mépris de l’autre, le pouvoir écrasant ont le dernier mot. Il s’agit plutôt de la domination d’Amour et de miséricorde. Dieu qui a créé l’homme libre ne peut pas le soumettre encore à des fardeaux pesants.

Le Fils de l’homme dont parle le prophète Daniel est dévoilé dans la deuxième lecture tirée de l’Apocalypse de saint Jean. Ce Fils de l’homme est bien entendu Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier né des morts, le prince des rois de toute la terre.  Saint Jean rappelle qu’il nous aime, qu’il nous a délivrés de nos péchés par son sang.

A nouveau saint Jean associe le mystère de la Rédemption à la primauté et la Royauté de Jésus Christ. S’il est Roi de l’Univers, c’est justement parce qu’il nous a sauvés de nos péchés ; c’est parce qu’il nous a donnés la vie.

Il est l’Alpha et l’Oméga, c’est-à-dire le début et la finalité de toutes choses. Il est « Celui qui est, qui était et qui vient ». Il est en effet, ce même vocable par lequel Dieu se révèle à Moïse dans le buisson ardent. Dans ce récit, Dieu se révèle à Moïse en disant : « Je suis Celui qui est » Ex 2, 14.

         Dans l’évangile de ce jour, le Christ rappelle que sa « Royauté n’est pas de ce monde. Si ma Royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs ».

Par cette déclaration, le Christ fait une distinction entre la royauté purement humaine et la Royauté qui est la sienne. La Royauté du Christ est divine. Il est Roi parce qu’il est le Rédempteur de l’homme-pécheur. Il est Roi parce qu’il nous a sauvés. A cause du péché, l’homme a perdu la communion qu’il avait avec Dieu.

  Il est Roi, parce qu’ayant pris notre condition humaine, excepté le péché, il nous sauve et nous introduit dans la communion, jadis perdue, avec son Père, par l’Esprit Saint qui nous sanctifie.

« Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité, écoute ma voix ».

Chers bien-aimés dans le Seigneur, par cette déclaration « Je Suis », « Ego Eimi », le Christ témoigne à la fois de sa divinité et de sa royauté qui outrepasse notre entendement humain. Par cette déclaration, Il donne les arguments qui rendent raison de sa naissance, (incarnation), de son ministère publique et du dessein de Dieu de rassembler tous les hommes en un seul chef : le Christ.  (Ep1, 10)

Derrière cette déclaration, nous pouvons d’ores et déjà percevoir le mystère de la Rédemption : le même qui est né, est le même qui est mort et le même qui est le Premier ressuscité d’entre les morts, le même qui reviendra, à la fin des Temps. Il est venu, il vient à chaque messe et se donne à nous par sa Parole et par son Corps et son Sang en vue de notre Salut.

Confesser la royauté du Christ, c’est confesser à la fois sa mort et sa résurrection. L’infiniment-Grand s’est fait infiniment petit et par-là, il est proclamé par le Père l’infiniment-Roi.

L’hymne de saint Paul au Philippiens (Ph 2, 6-11) atteste cela et en même temps nous invite à confesser la Primauté et la Royauté  de Jésus Christ avec foi. Une foi qui se déploie par la Charité et reste ouverte à l’Espérance de revoir la venue du Christ notre Roi avec grande puissance et grande gloire.

Demandons au Seigneur, au cours de cette Eucharistie, de sanctifier les yeux de nos cœurs et de nous accorder la grâce de savourer ce Moment de sa Gloire qui est déjà là parmi nous, et qui, en même temps, n’est pas encore. Sa venue à la fin des Temps sera l’irruption plénière de Dieu, dont l’Amour va envelopper tout l’Univers, qui désormais va être « Un » avec Lui, Père, Fils et Saint Esprit. Amen !  

F.r.t.